Wagglers peu porteurs pour pêches légères, par Jibé

Voici un sujet de notre ami Jibé, qui nous montre comment il réalise des wagglers spécifiques pour pêcher la berge en face, wagglers qu'il ne trouve pas dans le commerce.
Du grand Art, merci Jibé !!!

Il est des situations à l’agrainage où il faut pêcher quasiment « dans » les obstacles de la berge en face pour aller chercher dans leur tenue naturelle

 

 

des poissons rendus méfiants par une eau très claire par exemple (ou par une navigation fréquente en canal).

 

Le problème, c’est que ces postes sont généralement peu profonds et que, pour ne pas risquer d’effaroucher les poissons, il faut très peu de plomb sur la ligne et un waggler très discret « à l’entrée à l’eau ».

 

Exit donc les wagglers pré plombés (bruyants à l’entrée à l’eau), les wagglers en paon non plombés également car dans les petits poids (2 BB ou 3BB) ils se lancent assez mal à 18m sauf à pêcher en 12/100 sur le moulinet et … pêcher en 12/100 des chevesnes frisant le kilo au milieu du roncier en face, ça n’est pas ma tasse de thé !

 

Dernier point d’importance, le courant est quasiment toujours plus vif au milieu du cours d’eau (c’est évident en canal). Du coup la bannière qu’il est quasiment impossible de noyer se trouve vite entraînée en surface et fait rapidement sortir la ligne de la zone de pêche.

 

 

En même temps, la zone de pêche en face fait parfois 1m – 1m50 de large, et ce qui compte c’est donc de ralentir le « dragage » de la ligne sur le coup.

 

Pour cela, il n’y a pas 36 solutions : on peut traîner si les poissons l’acceptent, mais sur un agrainage régulier c’est peu probable, il faut donc adapter le matériel et le montage, le waggler en particulier.

 

L’idée c’était donc de disposer d’un waggler :

-          lourd mais peu porteur,

-          solide : on lance parfois « dans les palplanches » en canal

 

 

 

-          pas cher parce qu’à lancer dans les buissons …

 

Bref, quelque chose qui n’existe pas dans le commerce.

 

J’ai donc appliqué un principe basique : « quand je ne trouve pas dans le commerce ce que je veux, je fabrique à mon idée », encore fallait-il arriver à faire simple (je ne suis pas trop bricoleur) et rapide (je préfère pêcher que bricoler).

 

 

L’idée m’est finalement venue en réparant en remettant une couche de vernis à certains de mes flotteurs au coup : la forme du pinceau m’a rappelé les « canal dart » et autres Drennan « still water blue ».

 

 

 

 

 

 

Après quelques essais de mes « bricoles », j’ai été convaincu, et vu le prix modique (71 cents les 3), les tailles variées de pinceaux (donc de flotteurs potentiels) je me suis mis à l’atelier :

 

1-   les pinceaux de tailles 6-10 et 16 :

 

 

2-   avec une pince serrer déformer le métal sans abimer le bois

 

 

3-   la feuille de métal (un alliage d’aluminium je pense) se déchire facilement

 

 

4-   finir si nécessaire avec un disque de coupe

 

 

5-   le manche du pinceau, futur waggler

 

 

 

6-   un rivet pop aluminium pour faire la quille

 

 

 

 

7-   à choisir en fonction du diamètre intérieur de vos tétines

 

 

 

8-   avec une mèche adaptée percer le bas du waggler sur 3-4 cm

 

 

 

 

9-   préparer de la colle « bi composants » (prise rapide c’est mieux)

 

 

 

 

 

10-               coller le rivet pop dans le pinceau

 

 

 

11-               puis poncer ce qui dépasse du rivet par rapport au bas du waggler

 

 

vernir le corps du waggler (le pied surtout)

 

 

12-               passer une sous couche de blanc côté antenne

 

 

 

13-               puis un fois le blanc sec, passer une couche de peinture fluo

 

 

 

14-               ajouter un trait de marqueur noir sous le fluo :

 

 

ça aide à mieux voir les relevés

 

15-               variante : pour les petits pinceaux

 

 

 

16-               poncer la base du pinceau pour permettre

 

 

17-               la mise en place de la tétine

 

18-               les produits finis

 

Quelques astuces complémentaires :

 

1-   Le montage en fixe est mon préféré, avec notamment une attache waggler non plombée « à la Manni » et sous le waggler quelques plombs n°8 dès que la profondeur est inférieure à 1m.

 

2-   Cependant dès qu’il y a un peu de courant, pour arriver à se tendre au plus près des obstacles, tout en évitant le dragage le plus longtemps possible, il est indispensable de mettre du plomb assez « bas » sur la ligne : du coup, on est contraint de faire un montage très atypique, une sorte de « coulissant léger ».

 

3-   Comme montage ça donne donc pour un coup d’1m – 1m20 de fond à 16-18m :

 

- flotteur portant 4 à 5 n°8, monté sur la ligne avec une tétine

- de 3 ou 4 n°8 à 40cm de l’hameçon,

- pas de plombs sous le flotteur

- bloquer le flotteur à la hauteur désirée au dessus avec 1 nœud de fil de coton grossier

- bas de ligne de 40cm relié à la ligne par un nœud plat

 

4-   Le réglage de distance peut se faire de deux façons :

-          avec le « lien-clip », en faisant de sorte à ce que la ligne n’arrive pas dans les obstacles mais tout juste.

-          en choisissant un waggler qui m’oblige à forcer un peu le lancer pour atteindre ma distance,

 

J’avoue préférer la deuxième solution, notamment parce que :

-          elle permet de mieux gérer le combat avec un joli poisson,

-          de rendre un peu de bannière en contrôlant la ligne pick-up ouvert et doigt sur la bobine et de maintenir la ligne pêchante en face plus longtemps

-          je trouve ça plus précis, d’autant que je peux me permettre de ne pas freiner le montage à l’entrée à l’eau. Ca se pose sans doute un peu « en paquet », mais ça s’emmêle finalement très peu, (peut-être est-ce du au waggler ?)

-          à la fabrication des wagglers, en jouant sur la taille du rivet pop servant de quille et de « pré plombage léger », on peut disposer de flotteurs plus ou moins lourds mais interchangeables car prenant le même nombre de plombs sur la ligne.

 

5-   Dernière astuce pour aider à noyer la bannière sans avoir à le faire au moulinet, j’ajoute sur la bannière, au dessus du nœud d’arrêt, 2 ou 3 nœuds de coton à 50 cm, 1m et 2m du waggler.

 

Ces nœuds passent bien dans les anneaux et surtout en se gorgeant d’eau, ils aident à couler le fil sans avoir à mouliner.

 

 



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