Non le méthod n'est pas l'arme absolue !!

Non le méthod feeder n’est pas l’arme fatale dans tous les cas de figures.

Ce matin, j’avais décidé un petit retour à la source et une pêche un peu plus « traditionnelle » pour moi que la carpe au coup, un petit retour au canal s’imposait. J’avais envie de faire une petite pêche au feeder sur la matinée, histoire de ressortir un peu les feeders, et me faire plaisir sur les plaquettes du canal de la Marne au Rhin.

Le soleil se lève sur Dettwiller

C’était aussi le jour du baptême de mon nouveau Korum, siège ultra connu des feederistes, qui se prête  à merveille à la pratique du feeder, sur tous les terrains ou presque. Acheté il y a peu sur EBay avec la desserte et le repose canne arrière KORUM, ce siège remplace mon ancien level X2 JVS. Premières impressions pour le Korum : il est léger, pratique et rentre dans n’importe quel coffre de voiture. Doté d’une sangle de transport, c’est vraiment le siège à avoir si l’on veut pratiquer correctement le feeder, dans un confort absolu.

 

Le bras feeder est parfait avec ce siège. La tablette est placée volontairement en bas pour laisser la canne au dessus. Du très bon matos !!!

 Une fois au bord de l’eau,  j’ai prévu de comparer le « cage-feeder » classique et le méthod, sur les plaquettes du bassin de Dettwiller. Je monte sur mes Drennan mes nouveaux moulins DAIWA Exceler.

 

 La 12 pieds sera doté d’un 4000 pour le cage feeder  et la 10 pieds d’un 2500 pour le méthod.

Un scion de ¾ oz sur la 12 pieds, modèle Fast Tapper pour déceler les moindres touches et tremblements de scion, et 1 oz ½ sur la méthod feeder.

Les montages seront classiques. Concernant le cage feeder, ce canal réussit bien sur le montage en potence, car les touches sont bien meilleures. 

Mon montage feeder est simple, c’est une potence longue réalisée en coupant une boucle de 30 cm de long environ.

 

 Je pense que le poisson doit moins déceler de résistance ainsi et avale un peu plus profondément. Le méthod sera un modèle MAP qui permet de pêcher avec un Speed Mould, accessoire très efficace pour obtenir les boules de taille identique, nécessaire pour un lancer plus précis.

Côté amorce je prévois un mélange simple mais  que je connais bien : ma base, que j’additionnerai de tourteau de mais, en faible quantité, juste pour recoller un peu plus, histoire que cela travaille moins vite.

Le tourteau est mouillé en soupe pour mouiller les autres farines, qui seront bien imprégnées à coeur 

Pour le méthod, je force légèrement le tourteau et je mouille un tout petit peu plus. J’ajouterai à la dernière minute un peu de cannelle, pour le régal de mes narines (non je ne la sniffe pas !!) et aussi pour ses vertus digestives pour le poisson. Ce n’est pas ce que j’appellerai à proprement parler un additif mais j’aime ce côté digestif, la cannelle déclenchant une digestion un peu plus marquée.

 Et ce n’est pas avec le petit tube que j’ajoute pour 1 kilo et demi d’amorce environ que la différence sera extrême, mais cela peut aider.

Il aurait été un peu plus judicieux d'enlever les casters trop vieux qui ont tendance à décoller le poisson du fond car ils flottent mais je n'avais pas le bon amis avec moi....

Les asticots ne sont pas de premières fraicheur, mais je suis un peu pauvre côté détaillant près de chez moi !! 

Le menu du jour sera agrémenté de gozzers, et de micro pellets secs de 2 millimètres.

 

Voilà pour le matos. Je commence par amorcer comme à mon habitude dans ce canal, avec un feeder de grande taille, une dizaine de lancers. 

 

Le line clip est obligatoire sur cet amorçage du départ, je sais que les plaquettes sont parfois longues à rentrer et sans mettre un peu de farine et de barbaque au fond, c’est peine perdue d’attendre les touches pendant 2 heures. Le poisson de ce bassin est particulier, il fait de multiples passages sans s’installer réellement sur le tapis d’amorce, j’ai remarqué lors de mes multiples parties de pêche sur le site, que le poisson faisait de brèves apparitions, puis de gros trous et il revient comme si de rien n’était. Carnassier ? Silure ? Je ne sais pas. Toujours est il c’est que lorsque le poisson est là, il faut se dépêcher de les enfiler car les touches sont parfois les unes derrière les autres. Le fait qu’ils repartent n’est pas du au rappel avec le feeder qui sèmerait la panique, car lorsque je pêche au waggler, même sans réamorcer ou en réamorçant même léger et riche à la fronde, ou même pauvre,  le poisson finit par déserter. Les carpes sont aussi bien présentes dans ce bassin, les carpistes y élisant parfois domicile, mais je n’ai jamais eu la chance ne serait-ce que d’en piquer une.

Je reste donc sur une approche facile et simple, farine, asticots micro pellets. Je pense que les micros pellets sont bons pour obliger le poisson à stationner un peu plus et à picorer le peu d’amorce que le feeder laissera au fond. J’ai souvent mieux réussi avec des petits feeders riches que des gros feeders avec peu d’esches. Le carné est la meilleure méthode ici. Mon pote David m’a d’ailleurs souligné qu’au canal, les asticots restaient la valeur sure, il a pourtant parfois fait de beaux poissons au pain, lorsque la pêche était difficile, rarement réussi au maïs mais jamais il n’a été déçu à l’asticot. Et quand cela ne mordait pas au bloche c’est que tout simplement la pêche n’était pas là.

Voici donc les quelques feeders que je lance, environ 8-10. Dans les deux derniers, j’utilise la méthode dite des bouchons d’amorce pour déposer quelques asticots sur le coup, dans le but de fixer un minimum les éventuels poissons de passage. C’est une technique habituelle ici pour moi, je commence rarement à pêcher directement, et cela me prend 5 minutes. Souvent j’ai eu les touches beaucoup plus rapidement de ce fait.

Pour plus d'efficacité et éviter que les asticots ne se sauvent, on mettra du chatterton autour du feeder ou l'on emploiera un feeder fermé, sans trous

Cet amorçage de départ est une mise en bouche, car on ne fixe pas réellement le poisson avec 10 feeders, mais le bruit du feeder commence déjà à attirer. Ensuite ce que les poissons vont trouver sur place va mettre en place un début de compétition alimentaire. Après ce qui se passe sous l’eau, je ne peux pas le deviner mais cela semble marcher pas mal sur ce secteur de canal. Rarement je me suis planté d’approche ainsi et cette méthode basique peut être une façon assez standard d’aborder un lieu de pêche en saison. En hiver, peut être que l’on commencerait  avec deux trois feeders ou directement en pêchant dès le premier feeder, et avec un mélange un peu moins riche et moins garni.

Je commence à pêcher sereinement et je n’attends que 5 minutes soit environ 3 lancers (la cadence au départ de lancers est assez élevée, dans le but de susciter l’intérêt des poissons, mais je diminue en l’absence de touches car il ne faut pas non plus trop en mettre en attendant les poissons) avant de déclencher ma première touche. C’est une plaquette de 400gr environ. C’est souvent bon signe, mais dans ce bassin le poisson est souvent de passage et curieusement il est extrêmement difficile de le fixer sur la longue durée, les touches se suivent, puis des trous inexplicables avec présence du poisson, au vu des touches dites « liners » en Angleterre (passages dans le fil).

 

 

Plus tard, je reprends une plaquette un peu plus grosse. La première heure donne des touches régulières, j’ai peu de loupés au ferrage, mon réglage de ligne est donc opérationnel.

 Au bout d’une heure et quelques poissons, je décide de passer au méthod, pensant que le poisson est « fixé ». 

Voici comment "charger un méthod", petit rappel car je pense que beaucoup d'entre vous savent le faire.

On place l'esche au fond du méthod

 

On place une bonne dose d'amorce, que cela déborde un peu.

 

 

On appuie....

 

...franchement !!! Les excédents déborderont ..

 

  Recoller l'esche à la main si nécessaire, il faut que la boule soit compacte,

l'amorce devant rester en partie sur le méthod en action de pêche, pendant quelques minutes.

 

Beaucoup de bateaux ce matin. 

Le scion tremblote pas mal, signe que Mesdames picorent le feeder mais les touches sont inexistantes. En repassant immédiatement au feeder classique, dès le premier lancer j’ai une touche franche.

Je repars donc au feeder normal et la deuxième heure me donne quelques poissons supplémentaires. Les touches sont régulières, mais finalement peu nombreuses. En fait la cadence est assez lente, mais je n’ai pas trop de trous. Maximum 10-12 minutes entre chaque poisson.

 

Au bout de deux heures trente de pêche, j’ai environ 3000 points, ce qui est correct vu la taille des poissons qui n’est pas exceptionnelle. Je repasse au méthod, une vingtaine de minutes et malgré la présence de poissons (toujours ces fameux liners), je ne piquerai aucune plaquette avec cette technique

Je suis assez surpris car même si le méthod n’est pas la panacée dans tous les cas, on pique souvent  un ou deux poissons lorsqu’ils sont présents, chose qui n’est pas le cas aujourd’hui.

 Aucune touche au méthod…retour au feeder classique et dix minutes plus tard, après 2 lancers (je laisse le feeder un peu plus longtemps dans l’eau, les touches étant moins nombreuses, avec la chaleur qui monte), le scion plie. Ferrage, pendu…Une brème un peu plus grosses. Je repasserai au méthod en fin de matinée, toujours avec le même résultat, c’est  à n’y rien comprendre.

Bilan de la matinée, environ 8000 de plaquettes.

 

Feeder classique 1 – Méthod feeder 0 !!!

 

 

 

 

Bon,  sur une matinée, pas évident de se faire une idée générale, mais en ce matin de Dimanche ensoleillé, soit une petite semaine plus tard, j’y retourne avec le même matériel.

 Cette fois ci, j’ai pris 150gr de fouillis congelé bien bien vieux, car il me reste peut être 100 asticots en tout, je ne suis pas allé acheter d’esches. Quelques pellets expanders que je décongèle et du chènevis. A la guerre comme à la guerre, je n’ai plus d’esches et le frigo n’a pas eu le temps d’être rempli, aussi je me rabats sur de la congélation. Côté amorce, je reste sur la même base, identique à la première fois.

Les cannes n’ont pas bougé, pour le moment, les mêmes montages. Cependant, en ce Dimanche et les nombreux pour ne pas dire trop nombreux bateaux sur l’eau, je raccourcis ma zone de pêche en prenant la première casse du chenal, à environ 30m.

 

Les bateaux sont en général respectueux des pêcheurs, pour ma part, je n’ai pas de soucis avec eux.  Certains même remarque que je pêche au moulinet et s’efforce de raser la berge en face pour ne pas me déranger.

 Ce petit effort est un grand geste d’humanité que je me devais de souligner ici, on se plaint tout le temps des bateaux….mais sur une matinée de pêche, je n’ai du ramener que deux fois mon feeder précipitamment afin de ne pas être « embarqué » et je précise, ce fut à des moments où les bateaux se croisaient face à moi, je les voyais mal faire autrement !!

Et aussi un connard de bateau Hollandais qui est passé à une vitesse trop élevée dans le bassin, provoquant de jolies vagues et les jurons des pêcheurs présents.

Comportement marginal ce matin là, d’un grand gamin qui avait son joujou pour le mois d’août et pour qui le partage ne signifie rien.

Parenthèse close, même départ : une dizaine de cages lancées une fois les line-clips des deux cannes réglés, me revoici en action de pêche. A mes côtés, un pêcheur que je ne qualifierai pas des plus précis fait 3-4 plaquettes la première demi-heure, alors que j’attends désespérément ma première touche.  Je n’ai pas le départ escompté, il est vrai qu’il y a moins d’activité à la surface de l’eau aujourd’hui mais ce n’est pas le désert quand même. Et les bateaux sont omniprésents dès le matin, à 7h30 quand je déballais.

 

Le début de pêche est peu glorieux, en deux heures de pêche je n’ai pas plus de 3 plaquettes et la deuxième heure sera identique, peu de poissons, des touches très rares, et les passages au méthod feeder seront carrément un désert.

Je prends le temps d’admirer les nombreux bateaux, tous plus beaux les uns que les autres,

 

 

 avec quelques embarcations franchement insolites. 

J’aurais bien quelques passages avec deux trois poissons de suite mais la matinée est franchement difficile.

 

 

Lors de la dernière heure, j’aurai un quart d’heure sympa avec trois brèmes de 700-800 à la suite, puis le néant. 

Je n’insisterai pas plus, je remballe, avec un résultat de 6500 environ, une bourriche très moyenne pour le coin.

Ce que je tire comme enseignement de ces deux parties de pêche : quoique l’on ait dit sur le méthod, ce n’est pas l’arme absolue quelque soit le lieu de pêche, un poisson chipoteur ne donnera pas une bourriche démentielle en tout temps. J’ai même du varier la longueur de bas de ligne en cette deuxième matinée, pour avoir des touches. Parfois avec une distance feeder-hameçon de 50cm, jusqu’à 1m. A tâtons, j’ai réussi à prendre quelques poissons, mais jamais je ne les ai eus sur place de façon régulière. Je ne pense pas avoir fait de faute dans mon approche, il semblerait tout simplement que le poisson était peu mordeur, alors le méthod, n’en parlons pas.

Feeder classique 2 - Méthod 0 !!!!

Non, le méthod feeder n’est pas une pêche révolutionnaire qui donne de grosses bourriches à chaque sortie !!!

Voilà un petit live court, mais pour ma part très instructif, j’ai eu l’occasion de conforter une opinion que je m’étais faite sur le méthod, technique qui s’avère destructrice dans bien des cas, mais qui ne vaut pas tripette lorsque le poisson est peu enclin à mordre, méfiant et ne restant pas en place.

Vous pouvez tester, je suis sur à 100% que vous aurez parfois des surprises avec peu de poisson, et que le feeder classique sera parfois supérieur. Qu’à cela ne tienne, je retenterai des pêches au méthod en d’autres lieux et autres conditions, je suis sur que cela me fera mentir quant au live d’aujourd’hui, mais aucune technique je dis bien aucune technique ne sera efficace à 100% dans tous les cas, ce que je voulais prouver aujourd’hui, même si je ne me base que sur deux pêches. Et j’ai toujours en tête les 28000 points de brèmes d’Osthouse, un jour ou le feeder classique ne prenait pas !!!

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 15/08/2014

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