Que c'est bon ! (29-09-2015)

Ces sensations qui reviennent ravivent des souvenirs enfouis en moi, d’un plaisir intense qui ne m’a pourtant pas quitté. Il suffit  de peu de choses dans la vie d’un pêcheur pour le remplir de bonheur quand il est au bord de l’eau. La semaine, au travail, à la maison, ou ailleurs tout simplement, qui n’a jamais pensé à une partie de pêche qu’il vient de terminer la veille, quelques jours avant ou dans un passé un peu plus lointain. La mémoire d’un passionné fonctionne de la même manière dans la vie de tous les jours ou à la pêche, c’est-à-dire que même si les pires choses nous marquent profondément et jaillissent parfois inopinément, les bons souvenirs eux sont souvent présents quand on se sent bien, quand on a envie d’aller pêcher, et que « l’eau » nous manque.

Quand ces souvenirs plaisants et envoutants regagnent la surface, comme une carpe qui s’apprête à sauter hors de l’eau et retomber comme une masse en faisant claquer la surface en un bruit qui vous hérisse les poils sur les bras et vous fait tourner la tête les yeux grand ouverts, l’impact sur votre humeur et réel et instantané. Cette semaine, après une sortie qu’on qualifiera d’assez réussie avec la prise de 5 poissons, j’ai eu plusieurs flashs de ce type, comme ça…inattendus. C’est avec une impatience difficilement camouflable que j’ai passé les jours qui me séparaient de cette sortie d’aujourd’hui. Vous savez, ce sentiment qui vous fait trépigner jusqu’au moment où vous démarrez la voiture pour vous rendre sur votre lieu de pêche favori.

C’est une matinée assez semblable à celle que j’ai passé la semaine dernière qui commence. D’abord, et avant tout, conduire les enfants au bus de l’école…Puis, avaler au compte-gouttes les kilomètres qui me séparent de ma gravière préférée, au « cul à cul » au fur et à mesure que l’on s’approche de Strasbourg. A la différence près qu’il manquera un sac à l’un des protagonistes de ce récit, et ce n'est qu'après l'avoir ramené à l'intéressé que j'ai pu reprendre le chemin de la pêche....il est 10h30 quand  enfin je pousse le portail, et que je rentre ma voiture dans l’enceinte de mon petit coin de paradis. Vous savez, un coin de paradis que chacun d’entre nous possède quelque part dans sa région, et que je ne partagerai pour rien au monde avec les autres. Je sais, cet égoïsme vous paraitra sans doute étonnant de ma part, mais j’ai peu d’endroits où je peux me ressourcer à 100% aussi je les garderai pour moi…

Dans un premier temps, je me rends sur un poste qui m’a amené pas mal de bons souvenirs en matière de prises. Un poste encombré qui a subi un petit nettoyage au printemps,   mais qui reste très prometteur avec ses branches immergées qui font briller les yeux des pêcheurs de carpe au coup, souvent synonymes d’aimants à poissons.
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Une berge jonchées d’arbres, une eau pas trop claire voire trouble par endroit malgré sa couleur bucolique qui n’est pas sans rappeler les plages d’Indonésie (enfin je pense, je n’y ai jamais mis les pieds…), ce qui est prometteur car c’est un signe d’activité du poisson. Je m’installe très rapidement pour y tenter ma chance le plus vite possible. C’est un poste qui a une profondeur d’environ 2m, beaucoup moins que la grande majorité de la gravière, mais hyper exigeant. Pas la peine de mégotter, je monte une ligne en 0.25mm, sur un kit en 3.8mm creux tendu comme un string, ligne supportant un des flotteurs que j’assemble exactement pour ses conditions de pêche, à savoir un flotteur auto-plombé ne nécessitant absolument aucun plomb, et terminée par un hameçon Avid Carp MWG numéro 8, une ligne classique pour la pâte quoi…

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Je graine quelques pellets au moyen de ma coupelle de scion, de façon TRES discrète car j’aperçois déjà deux ombres vraiment sympas passer sur ce poste de tenue naturelle du poisson. Lentement, j’avance ma ligne eschée sur le coup et j’y verse son contenu en prenant garde de ne pas effrayer les poissons déjà installés dans les parages.

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. Je pose la canne lentement, et l’attente peut commencer. Hyper attentif au moindre tressautement de l’antenne, la première touche est cependant très longue à venir, et ne se solde pas par un poisson piqué...mais pas un grand coup de vent au-dessus du coup, provoqué par le kit qui fend l’air, sans réussite.

Malgré une patience sans faille, je n’arrive pas à piquer le moindre poisson, les touches sont trop rares et semblent être l’œuvre de poissons blancs  qui passent dans le fil, excités par une pâte sans doute un peu trop sèche. J’ai eu les yeux plus gros que le ventre en matière d’attractivité, voulant être au summun du travail une fois au fond de l’eau. A part pourrir le coup de poissons blancs omniprésents et rendant mon approche à la pâte complètement désuète et inopérante, je n’ai vraiment rien fait de bon. Mes pellets sont à présents en pleine activité et redoublent la présence des « indésirables »…Bref, la loose, c’est ce qui s’appelle se ramasser en matière d’approche. Il n’y a plus qu’à se déplacer sur un poste un peu plus profond.
Oui mais voilà, le vent est fort, et il me faut me rabattre sur le poste que j’ai pêché la dernière fois, pour l’avoir de face. Vous savez comme moi qu’un vent assez fort a tendance à pousser le poisson, et si ce vent se dirige vers des arbres immergés,  et des bordures encombrées, il y a fort à parier que les carpes s’y trouveront naturellement en sécurité et confortablement. Ajouté  à cela une superstition qui me pousse à me réinstaller sur ce poste que j’affectionne vraiment beaucoup, et me voilà à nouveau en action à 11m contre cet arbre à droite. Une première heure difficile, deux touches « de merde  inferrables » plus tard, le flotteur plonge lentement. Au vu de la boule de pâte de la taille d’une balle de Golf que j’ai eschée, je retarde un peu mon ferrage et pan !!!! Pendu !!!
La canne se tend, l’élastique entre en action, le poisson part direct vers l’arbre et je bride sans grande pression, simplement en tentant de bloquer le poisson. Crac !!!! La canne explose en plusieurs morceaux. Le kit 3 part direct au fond accompagné d’un bout du morceau 4, le brin 4 et une partie du sec s’envolent sur plusieurs mètres et retombent devant moi,  à 10m du bord, et je reste planté comme un con sur mon level, les morceaux 5 et 6 cassés pendant lamentablement….Seuls les 7 et 8 sont récupérables. Ma bonne vieille Carp Strike rend l’âme, après 11 ans de bons et loyaux services. Je ne vous cache pas que j’ai le cœur  qui se serre immédiatement, mais je vais direct dans le fourreau afin de ressusciter ma bonne vieille amie, au moyen de sections de canne provenant d’une de mes autres Strikes, qui attendaient sagement leur baptême du feu au fond de mon fidèle fourreau.

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Bon, cela arrive, même si je la croyais presque indestructible, et c’est le mal à l’âme que je reprends ma pêche, en attente d’une autre touche. Je nourris un peu le coup à la main, en lançant 5-6 poignées de pellets qui sentent bon le « sucre », ces fameux pellets Tiger Nuts qui sont plus des granulés que des pellets, additionnés de quelques « secs » de 8mm. J’amorce large pour desserrer le poisson car c’est sans doute un glane qui m’a envoyé la Strike par 6m de fond, dans un vacarme assourdissant, un peu comme une boule 13 qui frappent les quilles au bowling. Strike !!!

Peu de temps après, l’élastique sort un peu plus  de la canne. Un kit un peu plus détendu, et un premier poisson rejoint le tapis, me redonnant un peu de baume au cœur, mais bon, le mal est fait.

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Un poisson sympa qui s’est fait attendre, et qui me donne la banane.
Je me replonge dans mes songes, une fois la ligne à nouveau à l’eau. On dirait que machinalement je fais l’éloge funèbre d’une canne qui m’a apporté tant de bonheur et de plaisir. Mais qu’est-ce qu’on peut être con quand on est pêcheur et superstitieux. Ben oui, je l’aimais bien ma Strike, et elle n’est plus pareille. C’est comme quand on accidente sa bonne vieille titine qui vous suit depuis des lustres. Elle n’est plus « pareille »…

Les touches ne sont pas légion, mais assez régulières. Très timides et infructueuses, c’est ce qu’on retiendra avant tout. Puis c’est en presque fin d’aprem que l’élastique décide de faire à nouveau une brève apparition, après un décrochage quelques minutes avant.

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Le fish ne bouge pas beaucoup…au départ ! Puis c’est la « kermesse à Jean Gabin en tenue de soirée et mocassins luisants »…..wahou, qu’est-ce qu’il me met. Bizarrement, je tire beaucoup moins que d’habitude, les noisettes un peu serrées dans le calebar, peu enclin à revivre une nouvelle séance de Ball Trap, qui m’a quelque peu retourné les tripes.
Bref, on marche sur des œufs…..
Roohhh qu’est ce que je ramasse ! J’en prends plein les bras, à jouer petit zizi….Mais mince, Mad, allo quoi !!!! Bon, mode « On » . On va lui tirer un peu sur le museau, pour reprendre le dessus et la mettre au filet .  Fini de rire, on est pas là pour enfiler des perles et vendre des cravates, non mais !

Bing, in the mesh ! Rohh mais je la connais celle-là, elle a déjà visité mon tapis et s’y sentait pas trop mal ! Une pure perle commune qui a le don de me donner un sourire quelque peu perdu avec ma Strike. Mince, c’est ça qu’c’est bon !!!! Roooh quel pied !

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C’est ça la pêche, c’est ce qui me fait me lever les matins où rien ne va, où la santé se fait la malle et les mômes me rendent fou. C’est pour ça aussi qu’on est tous là sur le net à partager notre passion et à se faire plaisir. C’est ça qui fait parfois gonfler le melon, mais qui vite vite vous remet les pieds sur terre quand il s’agit de vous reprendre. C’est ça la vie d’un passionné, et je ne veux pas en changer !
Cette journée de pur plaisir finira avec un beau couvercle de chiottes baveux, qui regagnera son élément après m’avoir salopé la paluche. Bref, la pêche quoi !

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Date de dernière mise à jour : 30/09/2015

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