" Même lieu, autrement" (07/10/2015)

Pour un même plan d’eau sur un même type de pêche, nous avons parfois des approches bien différentes. Cela dépend d’une multitude de critères entrant en ligne de compte, comme le  caractère de chacun, les moyens,  l’expérience et les goûts personnels quels qu’ils soient. C’est aussi et avant tout ce qui rend la pêche si intéressante : les résultats obtenus peuvent être bien différents, même si l’on ne prend pas en compte les critères environnementaux comme la météo, la phase lunaire, la saison et bien d’autres paramètres tels que la façon de pêcher à proprement parler.

Le but de chaque pêcheur est avant tout de prendre du plaisir en progressant dans sa passion. Vous me direz que je ne me mouille pas beaucoup dans ce type de phrase bateau, car tous les pêcheurs me diront la même chose : « on est de toute façon mieux à la pêche qu’au boulot ». Certes, c’est un fait…Mais si en plus, on prend de plus en plus de poissons, de plus en plus beau, c’est le top !

C’est aussi pour cela que les réseaux sociaux, et le net en général sont une source d’information intarissable, même s’il y a « à boire et à manger ». Il suffit d’avoir l’esprit critique et ouvert pour toujours apprendre de ses résultats qu’ils soient bons ou mauvais et de ceux des autres, pour ceux qui les partagent bien sûr.

Je n’échappe pas à la règle, j’aime bien toujours chercher, gratter, changer les réglages, pour prendre toujours plus de poissons. J’adore par-dessus tout bouleverser les idées reçues, faire violence à mes convictions, pour tirer mon épingle du jeu. J’ai aussi les deux yeux ouverts sur le net et j’y pioche comme tout un chacun des infos qui me feront aborder les choses encore différemment. Pas un soir je ne me dis « tiens, c’est sympa ça, à tester ». C’est toute la beauté de la chose, et des médias ou réseaux sociaux en général. Une fois le tri fait, on peut se faire plaisir encore différemment. Même si comme moi aujourd’hui, vous retournez sur le même plan d’eau pour la troisième fois d’affilée, avec cette fois, encore une autre approche de la pêche à pratiquer.

Dur dur de démarrer ce matin, le réveil m’a lâchement abandonné, prétextant que j’avais appuyé 3 fois dessus pour me laisser me replonger dans mes songes. Bref, la voiture étant déjà chargée, je gagne un temps précieux et file direction « un de mes petits coins de paradis ». Mes deux dernières pêches sur le plan d’eau ayant été prolifiques, j’espère à nouveau au moins un beau poisson pour me dérider la tronche de cake que j’ai ce matin, et pour me faire un peu les bras. Moins de bouchons, logique, il est déjà presque 10h, et me voilà sur le fameux plan d’eau. Je sors le matériel de la voiture, je me mets rapidement en place, et je mouille la pâte.

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De ce côté, pas de fioritures, la Mad Paste maison, qui me réussit bien, ça je ne change pas d’un poil, le test du jour est plutôt sur l’amorçage et la façon d’amorcer. Quand je pêche ce plan d’eau, j’aime bien des pellets bien huileux, tout comme depuis peu cette année, j’ai aussi réussi avec du tout sec… (ben oui, c’est un peu ballot, on dirait que tout réussit plus ou moins bien, mais sans réellement prendre le dessus), mais un détail en commun, j’aborde en général la pêche avec le kit coupelle et des doses assez faibles. En effet, dans ma tête de pêcheur de beaux poissons (pour moi ils sont beaux !), j’aborde souvent la pêche avec un fond de coupelle par temps et eaux froides, une coupelle si je sens le poisson un peu en activité, voire deux si c’est la fête au village point de vue des sauts de poissons que je peux entendre le temps de m’installer. Oui, toujours la coupelle ou presque. Au pire, la fronde, mais avec un frondage le plus serré possible. Et dans des quantités assez faibles finalement quand on regarde la taille du plan d’eau, et surtout des poissons (un fish c’est souvent plus de 10000 ici…).  Un réamorçage après chaque poisson ou après quelques touches manquées, toujours avec parcimonie. Bref, on est dans le « fish after fish » cher aux anglais, le fameux « poisson après poisson ». Ainsi, on « construit » sa pêche au gré du poisson, et surtout, on n’en met pas trop sur le fond si le poisson ne se nourrit que très peu. Oui, mais….car il y a un mais, on joue certes la carte de la prudence, on va intéresser un poisson de passage, ou se trouvant dans le coin, le séduire avec de jolis pellets boostés et le leurrer avec une bonne vieille boule de « pasta ».  C’est souvent ainsi qu’on va piquer le plus gros sujet se trouvant dans le coin, en n’attirant pas toute la bleusaille qui se trouve dans le quartier et qui se ferait plaisir sur des pellets épars de ci de là….

Ça… c’est en théorie et je dois dire que cela me réussit vraiment bien mais j’ai toujours en tête les magazines carpistes où on voyait quand j’étais plus jeune,  une guéguerre (qui existe peut  être toujours), entre les amoureux du stick soluble et de l’amorçage chirurgical autour de l’hameçon, avec ou sans amorçage additionnel léger mais concentré, et les « benneurs fous » qui ne doivent pas se prendre la tête avec la précision, déversant des kilos et des kilos sur des secteurs toujours plus grands. Je simplifie un peu beaucoup, je sais, mais c’est pour que l’image soit parlante. Si les deux procédés existent, c’est qu’à un moment ou à un autre, cela a porté ses fruits. Ben aujourd’hui, j’ai décidé de « benner un peu  plus » et comble de l’hérésie, à la main !

Ma pêche va se dérouler sur deux spots. Un devant moi à 11h sous un superbe saule pleureur surplombant mon coup, bien lisse en dessous, hormis un « trou »  de quelques centimètres dû à la pression de pêche, qui si elle n’est pas énorme, existe un peu quand même, et a creusé le fond, les carpes n’étant pas des maigrichonnes ici, elles aspirent à tout va. Encore un inconvénient de la coupelle, on créée des trous bien visibles devant les postes, comme on peut parfois le voir sur les carpodromes où l’on ne déplace jamais le piquetage des emplacements. Environ 4m50 de fond,  pas d’obstacles si ce n’est les branches au-dessus, cela devrait passer tout seul.

Autre coup prévu, sur ma droite ou un autre surplombant, 2m de fond,  à 2m du bord, parfait poun ce type de test, le fond était vraiment en pente, les esches vont tomber entre les cailloux  et se fixer. Si le poisson vient du large, il tombera sur ma pâte en premier. J’ai prévu de le nourrir un peu moins quand même qu’au large.

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Pour les esches, j’utilise des pellets halibut 8 et 13 mm  mélangés à  des pellets plus secs, le tout arrosé d’huile de flétan, et d’un additif traçant à base de fluoréscéine (je pense) et ensuite saupoudrés de farine de crevettes et de krill. L’idée avec de type de nappage est de créer une activité particulaires quelques centimètres au-dessus du fond, lors du passage et de l’activité des carpes.

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Bien sûr, une partie se dispersera à la descente, mais logiquement cela descendra petit à petit. En gros, mettre un peu le bazar est mon but, pour faire bouger le poisson et le mettre en activité. Pour renforcer cet effet, j’ai prévu d’utiliser du baby corn en complément,  bien frais, qui va fondre rapidement et créer aussi un halo  attractif assez léger.

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C’est parti pour l’amorçage. Je jette à la main sur une surface d’un mètre carré environ une bonne dizaine de poignées de pellets « boostés » suivies d’une autre dizaine de poignées de baby corn sur mon coup « principal » devant moi à 7m.  Sur le côté droit, en bordure, 5 pellets et 5 baby corn. Ca suffira si un poisson passe dans le coin, car rarement j’ai piqué de belles carpes sur ce spot mais qui sait.

J’entre en action avec la pâte que je dépose sur le coup devant. La surface crépite comme un feu de cheminée un soir d’hiver, les huiles faisant leur travail, tout comme les particules sur les pellets et les baby corn qui commencent à fondre.  Cela fait 40 minutes que j’ai poussé le portail pour entrer sur la gravière et j’entends ce qui doit être le quinzième saut de poisson, c’est  très bon signe en général sur ce plan d’eau, mais encore meilleur quand ce saut intervient à moins de 10m de mon flotteur. Les carpes semblent vraiment en activité et je ne dois pas attendre plus de 10 minutes avant de voir mon flotteur descendre franchement sous la surface. Je ferre fermement mais sans trop d’amplitude et prend contact avec mon premier poisson qui ne se défend que moyennement, tant qu’il reste sur le fond. Il part en bout de nylon, puis contre l’élastique, et rejoint la surface au large. J’aperçois une belle miroir écaillée,  que je travaille dans le calme, ma casse de Strike encore en tête. C’est dingue ce que l’on peut perdre une partie de ses moyens suite à un évènement marquant, surtout que cette canne (enfin, l’ancienne, avant que je ne change les morceaux cassés) en a vu des vertes et des pas mûres sans sourciller. En quelques minutes le poisson est sur le tapis de réception. Je suis aux anges, c’est encore une fois un très joli poisson, une pépite comme je les aime avec un écaillage remarquable et très distinctif. C’est la première fois que je vois ce poisson que je savoure quelques instants avant de le remettre dans son élément, avec précautions.

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De retour sur mon poste, je prends direct les seaux et relancent 5 poignées de chaque. Le coup pétille de plus belle et des bulles sont visibles, en nombre. Il y a de l’activité là dessous. 20 minutes plus tard, le flotteur s’enfonce à nouveau clairement. Durant cette attente, il sourcillait tout le temps, tressautant en surface comme un macaroni dans une eau en ébullition, mais c’était le fait de passages dans le fil qui ne se concrétisaient pas. Cette fois-ci, on « lit » clairement la touche. Ferrage sobre, mais efficace. Poisson piqué ! Je le tiens une dizaine de secondes, et la ligne casse 20 cm sous le plomb lui-même à 60cm de l’hameçon. Dégouté ! J’avais pourtant vérifié le nylon avant de remettre à l’eau… Pfff, rien à redire, le poisson paraissait hyper puissant, mais bon, c’est logiquement gérable avec l’élastique un peu moins tendu que j’utilise ici, me trouvant à environ 5m du premier obstacle sérieux. Je relance quelques poignées de pellets uniquement. En ne rajoutant pas de baby corn, j’espère calmer un chouia l’activité sur le coup pour limiter les passages dans le fil et créer des touches plus « positives ». 30 minutes sans touche, c’est long... Mais ça coule enfin.

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L’élastique sort sur 2 ou 3 mètres environ, wahou…Un client sérieux ! Le combat est âpre mais tourne à mon avantage. Un superbe poisson, encore plus trapu, bien proportionné rejoint à nouveau le tapis.

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Ma première remarque est que même si la moyenne en poids est élevée sur ce plan d’eau, les particules et la grande quantité en amorçage n’a pas attiré le petit poisson. Ou alors les grosses ont joué des coudes, on ne saura jamais même si je penche pour la première solution.  Cette superbe miroir rejoint ses consoeurs. Après deux heures trente de pêche, le coup s’éteint. Je passerai sur le bord à droite environ 30 minutes, sans grande conviction car aucune activité n’était visible. J’insisterai encore quelques heures, mais rien n’y fera, les touches sont super nombreuses mais sans doute dues au peu de brèmes présentes sur le plan d’eau, venues ramasser les miettes laissées par les carpes et par le réamorçage effectué tout au long de ma pêche. En tout et pour tout, je passerai 2 kilos et demi de pellets et deux de baby corn environ.

Mon constat est simple : en jetant tout cela à l’eau, je n’ai pas fait une meilleure pêche que pour ma dernière sortie qui a eu lieu dans les mêmes conditions ou presque. Je n’ai pas non plus eu beaucoup plus de touches « positives », franches et suivies de poissons piqués. J’ai certes eu la main plus lourde mais à part vider un peu le portefeuille, cela n’a rien changé. Les poissons piqués rapidement dans la journée devaient se trouver dans le coin et sont entrés sans doute plus rapidement sur l’amorçage car ils l’ont trouvé plus vite, mais pas forcément en plus grand nombre. Le fait que la pêche s’éteigne à mi-journée est pour moi assez incompréhensible, même si il y a souvent un creux en milieu de journée ici. J’ai dû partir un peu plus tôt que d’habitude pour des raisons familiales, mais je ne pense pas que cela aurait changé les choses, je veux dire par rapport à d’habitude quand les touches reviennent en fin d’après-midi. Ce test m’a donné de beaux poissons, mais pas mieux qu’avec mon approche habituelle. Point positif, cela ne les a pas fait fuir ! Bref, c’est quelque chose que je vais retenter, car on ne peut pas se faire une idée sur une seule sortie, mais au moins, j’ai eu un aperçu des choses. En attendant, j’amorce toujours avec des pellets assez gros pour éviter les poissons blancs et aussi pour que cela descende plus vite sur le fond, mon prochain reste sera avec des micros pellets de couleurs. Encore une autre approche, non pour trouver la solution miracle (qui n’existe pas) mais pour gagner en polyvalence et comprendre encore mieux les carpes. Ça, c’est un challenge !

Date de dernière mise à jour : 07/10/2015

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