L'envie revient? (25-09-2015)

Depuis quelques temps, l’envie et surtout le temps d’aller pêcher m’avaient fui… Impossible de me décider à charger la voiture sur le peu de journées libres que je pouvais y consacrer sans avoir envie de les passer avec mes enfants et ma famille. Sans doute la crise de la quarantaine, mais aussi et avant tout, j’étais las de toujours donner sans me consacrer à moi-même.
Les journées de travail étant beaucoup trop chargées, je n’avais non plus aucun courage à me lever à 5h pour aller tremper la ligne et il m’a fallu faire un constat : j’étais H.S. …

En septembre, après un changement d’activité, j’ai enfin un peu plus de temps libre pour ma famille, et donc aussi, pour la pêche, qui était passée au second plan. L’envie d’aller sur les berges étant pas à pas revenue, il était temps de me faire plaisir et de me remuscler un peu les bras.

Hier matin, après avoir déposé ma progéniture à l’école, direction une gravière que j’ai l’habitude de fréquenter, la voiture chargée dans le but de prendre quelques poissons à la grande canne.
 

C’est une matinée fraiche, le soleil se lève calmement et lentement, et rase encore la campagne engourdie dans ces 11° matinaux. Le baromètre est au beau fixe, et en toute logique, nous devrions avoir une belle journée. Les arbres commencent à jaunir lentement, les journées raccourcissent, mais les carpes se nourrissent en général assez bien.
J’avale les quelques kilomètres qui me séparent de ce plan d’eau (que je ne citerai pas, c’est l’un de mes derniers coins de paradis où je peux me retrouver en toute quiétude), ce qui me prend plus d’une heure car Strasbourg est sans doute la ville la mieux desservie d’Alsace, voire de France, avec seulement une 2 x 2 voies qui la traversent du Nord au Sud… Il me tarde d’arriver et je suis soulagé quand j’aperçois le portail de la gravière. Je trépigne sur place comme un enfant qui reçoit son  cadeau de Noel, ce qui est bon signe car cela fait un moment que je n’avais pas ressenti cela.
Je sors le matériel qui se résume à quelque chose que je qualifierai de léger. Je n’ai pas prévu de me promener autour du plan d’eau, hormis pour choisir mon poste et les touches étant en général longues à rentrer, je m’installerai sur mon fidèle siège feeder Korum, bien confortable, surtout après déjeuner.

En premier lieu, je mélange ma pâte, qui se devra ici d’être assez collante pour les 5 à 7m d’eau sous la canne, que l’on rencontre sur ce plan d’eau, mais paradoxalement très active pour attirer le poisson. C’est ma base habituelle de pâte maison que j’ai déjà présentée. J’en prépare une bonne portion « classique », que je mouille bien à cœur pour que ça colle assez sur la descente, sans lâcher trop de particules sur la colonne d’eau pour ne pas « remonter » le poisson. Si vous avez un doute quand vous réalisez cette opération, faites un essai en bordure, en jetant une boulette. Les eaux des gravières étant en général assez limpides, vous verrez le résultat. Mais laissez bien reposer votre pâte avant de tester. Dans un bac d’eau, l’effet n’est pas le même, la pression de l’eau n’étant pas la même dans une si grande profondeur, aussi il faut y aller à tâtons et bien assimiler comment votre pâte bosse par rapport à vos résultats. D’où l’idée de toujours pêcher avec la même recette, comme les amorces au coup, c’est la même chose. Le mouillage peut être la solution pour bien piquer les poissons, alors…soyez prudent !

 

 

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Une fois la pâte mouillée, je monte une ligne avec un flotteur que j’ai assemblé, que je compte tester aujourd’hui, d’un point de vue stabilité. L’idée est d’avoir descendu le corps sur la quille, que j’ai rallongée, ainsi que l’antenne. Ainsi, je gagne énormément en stabilité, ce qui est important avec les courants même légers que l’on peut rencontrer en gravière, mais surtout le vent et la pression sur la ligne qui peut dériver. La boule de pâte étant « ancrée » sur le fond, cela peut provoquer l’éjection de l’hameçon et la perte de la pâte. Mais surtout, cela peut faire couler l’antenne sous la surface ou réduire sa visibilité, chose dont j’ai horreur. Ce flotteur comporte deux œillets, pour éviter les emmêlements à la dépose de la pâte sur le coup. Il porte 0,40g ce qui suffit largement aujourd’hui,  par cette journée calme et ensoleillée. Je le plomberai à la base de sa longue antenne avec un Stotz numéro 6, bien en deçà de la limite de ce qu’il peut supporter.
Mon hameçon est un Avid Carp MWG numéro 6, très solide et robuste pour ce type de pêche. Il est fort de fer et parfait pour un piquage optimal dans les lèvres dures des poissons de gravière.

Pour l’amorçage, j’ai choisi des pellets de 6mm, assez secs à la Tiger Nut, que j’ai commandés sur le net à l’occasion d’un réassort de farines pour ma pâte. Ils ont un arôme vraiment sympa, je verrai s’ils sont bons sur les carpes. Ils se présentent sous la forme de granulés et doivent en toute logique fondre assez rapidement.

Pour les afficionados du matériel, vous allez être déçus, j’utilise encore et toujours ma fidèle CARP STRIKE depuis de bien longues années. Elle commence à faiblir un peu, devenant assez molle, mais qu’importe, je l’emporterai avec moi quand je partirai ! L’élastique est monté sur 3 brins, en 3.8mm creux, torsadé sur 70cm environ, et tendu comme un string sur le cul d’une fermière ! Je pêcherai à 11m sur ma droite, le long d’un arbre en partie immergé, mais sous lequel le poisson arrive à passer sans trop réellement s’accrocher. J’ai 5 m sous la canne, profondeur assez confortable. En cette saison, j’ai un peu déserté les coups moins profonds et préfère quand même déjà aller dans les profondeurs, l’eau étant assez claire, pas trop fraiche, je pense mieux réussir ainsi. L’expérience que j’ai accumulée sur cette gravière me dit que même si je ne fais pas la pêche du siècle, je pourrai piquer quelques poissons sans grand risque. En me rapprochant des postes moins profonds, je prends le risque d’être capot…même si je peux tout aussi bien rater un carton.  Je jouerai la prudence !

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Me voilà confortablement installé (et oui je vieillis !). Je dépose deux coupelles pleines de ces magnifiques pellets, en toute confiance, et en espérant ne pas en mettre de trop. Je finis mes réglages de kits et j’esche ma première boule de pâte. En règle générale sur ce plan d’eau, les boules de 6cm de diamètre ne font pas peur au poisson, et cela permet de trier un peu la taille des poissons. Mais comme la pâte travaille vite, cela n’écarte pas les petites carpes, que je ne boude pas de toute façon, chaque poisson étant un plaisir tant sa défense est impressionnante par une telle profondeur.

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Contre toute attente, le poisson est piqué quand même et il fonce direct sous l’arbre, il me faut le brider énergiquement. L’élastique sort à peine, la canne plie énormément, l’élasticité du nylon entre en jeu, c’est même aussi pour cela que j’aime pêcher dans 5m d’eau. Avec une élasticité moyenne de 15% je pense pour un nylon de 22/100, vous imaginez ce que ça donne sur le nylon, et la marge de sécurité est confortable. Le poisson ne semble pas bien gros, et j’ai vite fait de le retourner et le faire entrer pleines eaux, pour le travailler tranquillement. Je relâche un peu la pression sur le kit, et mets une jolie petite miroir dans le filet d’épuisette. Assis depuis 5 minutes, je suis aux anges.

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Après une petite séance photo très rapide, je remets le poisson dans son élément. Cette fois-ci j’ai pensé à prendre avec moi un filet de pesée et conservation flottant, pour remettre le poisson à l’eau avec encore moins de stress pour ce dernier, qui a le temps de récupérer avant de partir de lui-même. C’est un accessoire que je vous conseille, cela vaut une trentaine d’€ et c’est super pratique et sécurisé, chose indispensable pour peser le poisson comme il se doit, si vous le faites.

 

 

 

 

 

 

C’est bien parti, et environ 20 minutes plus tard, je pique un second poisson. Pas très épais, mais qu’importe, la pêche c’est aussi ça. Prendre du poisson….me semble-t-il.

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Les touches se raréfient, et je casserai sur un bolide malgré mon 22/100. Je perds ainsi mon super flotteur stable comme le bateau de Tabarly, et dont je ne manquerai pas de réaliser ses « petits frères » en quantité, car pour moi il a fait ses preuves aujourd’hui. Je mettrais juste des antennes qui portent un peu plus, pour le rendre encore plus visible, et je monterai en 0.6gr pour les postes plus profonds.  Je passe en nylon de 25/100, et les touches diminuent encore un peu plus, mais c’est un mal pour un bien, le but n’étant pas de faire des arbres de Noel à nageoires.

Pour sélectionner un peu, je serre un peu plus mes boules de pâte et dépose moins de pellets sur le coup. Ainsi j’espère trier un peu.

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C’est peut être un point de vue contestable, mais par le passé il m’a apporté de beaux poissons. Beaucoup moins de touches, mais plus jolies. Les heures filent et je prendrai encore deux modestes carpes, suivies d’une un peu plus jolie mais aussi avant cela, d’une casse en 25 et d’un passage en 30/100.

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Ce qui me choque un peu aujourd’hui, c’est que j’ai pour habitude de prendre une grosse majorité de carpes communes sur ce plan d’eau et aujourd’hui, je mettrai au sec 5 miroirs…Parfois il n’y a pas besoin de réfléchir, car il n’y a rien à comprendre, c’est aussi ça la pêche ! La journée se terminera sur une casse de fou  dans les arbres, à environ 10cm de l’hameçon, au vue de la défense un poisson harponné sur un flanc près de la tête… C’est aussi ça la pêche. Mais put***, qu’est-ce que c’est bon !!!

Date de dernière mise à jour : 30/09/2015

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