Journée de détente à Patricia (Colmar 68) avec de jolis poissons (12-04-2017)

Un des premiers carpodromes que j’ai fréquenté, dans mon existence de pêcheur, c’est celui de mon ami alsacien Patrick dit l’indien, à Colmar. C’est un carpodrome réalisé sur une ancienne gravière, assez profonde pour ce type de plan d’eau, doté d’une population magnifique de carpes. Des poissons puissants, de belle qualité, qui donnent du fil à retordre dans les 3-4m d’eau qu’il y a sur certains postes.

Plus connu sous le nom de Patricia, ce carpodrome est accessible en téléphonant à Patrick directement ou en achetant un ticket journaliser au magasin de pêche Koehler à Colmar, moyennant un droit de pêche classique, dont je ne parlerai pas plus ici, il vous suffira de les contacter.

C’est un carpodrome qui est cher à mon cœur, car c’est le second que j’ai fréquenté assidument à l’époque, après la Durenne en Belgique, également source de bien des souvenirs de mes débuts dans la pêche des carpes à la grande canne et sur lesquels j’ai appris les bases, qui ne m’ont plus fait décoller de cette pêche depuis.

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Patricia, c’est par exemple un super souvenir lors d’un reportage pour le magasin Infopêche à l’époque dans des conditions hivernales épiques, lors d’une journée où sont tombés plus de 15cm de neige, et avec des carpes aux couleurs magnifiques, et un sourire sur le visage de mon ami Vincent le photographe mais aussi de Patrick, car nous nous disions ce jour-là qu’il fallait être totalement givrés pour affronter l’hiver et ses conditions difficiles.

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Patricia, c’est aussi le souvenir de plusieurs records à la Grande canne pour moi, car c’est un plan d’eau qui exerçait sur moi une sorte de magie, y retournant toujours, dans l’espoir de toujours prendre de plus beaux poissons.

Depuis un certain temps, il est vrai, j’ai moins pratiqué ce plan d’eau, qui est quand même à plus d’une heure de route de chez moi, et c’est regonflé à bloc que j’y retourne en ce matin d’avril, après une belle semaine d’une météo clémente qui a mis les carpes en appétit, et l’intérêt des pêcheurs en émoi.

J’ai retrouvé la soirée précédent la pêche, le feu qui m’animait jadis, quand je préparais mes affaires, avec un choix d’esches assez limité, confiant dans mon approche. Il est rare que je partais là-bas avec beaucoup de choses, les carpes n’étant pas les plus faciles, mais elles connaissent la qualité et ne veulent que du bon mais pas forcément du très compliqué.

A  Patricia, j’ai toujours eu de bons résultats avec des pellets durs sur bague, des baby corn, en début de saison. Mais aussi à la belle saison, à la pâte, qui doit ne pas trop travailler, pour ne pas attirer la multitude de poissons blancs comme les magnifiques rotengles du plan d’eau, mais aussi les gardons, et quelques magnifiques tanches. Le maïs doux peut encore avoir de belles journées devant lui, notamment en complément d’un amorçage aux pellets et fronder quelques grains de cet « or jaune » peut déclencher le retour des touches quand le poisson devient un peu plus tatillon. Pour cette pêche aujourd’hui, je fais confiance à un pellet devenu classique pour moi, le Monster Crab de Force1Baits. C’est un pellet assez riche, qui a toute son utilité ici, car j’ai souvent remarqué jadis que les carpes répondaient bien sur du pellet assez riche, diffusant bien, et aujourd’hui, j’ai prévu du 4mm boosté avec un Dip Boilies Force1Baits parfum Spicy and Garlic, aux notes soutenues d’ail et d’épices, toujours efficaces sur les gros poissons en général.

Je les complémente avec quelques 10mm surboostés avec cet additif bien huileux, diffusant énormément, que je compte fronder ou déposer à la coupelle pour tenter d’intéresser de plus beaux poissons sur mon 4mm, afin d’essayer de les fixer durablement sur le poste.
Egalement un mélange Duo Mix de maïs dur cuit et de chènevis, de Force1Baits. Je compte sur le chènevis pour fixer durablement le poisson et le faire fouiller entre les cailloux du fond. Un produit pratique et intéressant à utiliser, rapides à mettre en action.
A Patricia, les carpes bougent beaucoup et viennent souvent « par vagues », faisant des allers et venues sur l’amorçage sans y rester très longtemps mais y revenant souvent. Je compte donc sur ces 10mm boostés ainsi que sur le maïs doux pour tenter de prolonger ce passage et engendrer des touches.

Les carpes sur ce plan d‘eau sont d’une défense assez surprenante, c’est souvent des combats titanesques pour prendre les carpes  « moyennes », dont le poids est entre 6 et 8 kilos, la moyenne si on ne tient pas compte des « têtes » empoissonnées chaque année, est vraiment haute et sur certains postes profonds, c’est du sport !
Je prends donc avec moi ma nouvelle amie, la Protective carpe d’Orion Concept, mon nouvel atout sur les pêches de poissons puissants. Il n’y a pas besoin de pêcher à 13m à Patricia, et les 9.50m de la canne suffisent bien souvent (9m environ après avoir BIEN recoupé le scion pour passer le plein de 4mm qui habite mon kit).

Quand j’arrive sur le plan d’eau vers les 8h30, je suis encore seul malgré les vacances de Pâques. Ayant téléphoné à mon ami Patrick la veille, j’attendrai sa venue pour enfin le revoir et papoter sur le temps passé et prendre du bon temps comme toujours depuis que je le connais, Patrick étant quelqu’un d’une gentillesse extrême, très fidèle en amitié, et c’est quelque chose que j’apprécie par-dessus tout, nul besoin d’avoir 100 amis autour de soi, il suffit d’avoir les bons pour se sentir heureux.

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Je m’installe côté forêt, les postes n’étant pas définis sur ce carpodrome, on s’installe où on veut. Le côté forêt est moins profond que la berge en face, côté pré, et j’ai environ 2.20m sous la canne en cette saison où ce carpodrome, alimenté par des sources et la nappe, est à un niveau assez bas, il manque presque 1m d’eau, les précipitations étant assez limitées depuis un moment dans le Haut Rhin. Cela n’enlève rien au charme du plan d’eau, les poissons sont habitués et la pêche n’en sera que plus intéressante.

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Je prépare mon matériel et monte une ligne en 0.22mm, avec un flotteur en 0.40g, assez effilé, antenne moyennement longue de 1.7mm, qui me permettra de pêcher avec un peu toutes les esches dont la pâte, sans monter 5 kits. C’est assez batard comme approche mais je pense que cela ira pour la pâte assez dure que je prépare mais aussi les esches sur bagues silicone. C’est ce que l’on appelle un « pis aller» , ce n’est pas 100% optimal mais cela suffira pour cette pêche. Les conditions ne sont pas trop difficiles d’un point de vue météo, le poisson mange pas mal, mon pote Charles ayant fait de belles pêches un peu plus tôt en semaine sur le plan d’eau, je sais que le poisson est en activité. Quelques sauts depuis mon arrivée confirme ce sentiment, malgré une baisse significative des températures trop clémentes quelques jours auparavant. Cette après midi on attend 17° au lieu des 25 de la veille et ce matin, il ne fait que 10° au lieu des presque 20 hier. Cela durcira un peu la pêche et je vais y faire attention dans mon amorçage, pour ne pas briser ma pêche à la première coupelle trop grosse que je pourrais déposer dès le départ.

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Me voilà donc prêt avec une desserte simple et des produits assez classiques : baby corn, pellets durs, pâte mais aussi pellets mous si le « blanc » n’est pas trop vorace.  J’amorce deux coups, un à longueur de « Bordura », environ à4m du bord dans 0.7m d’eau et l’autre sous la canne à 9.0m environ. Pour chacun d’entre eux, je mets un fond de coupelle de pellets Monster Crab de 4mm, quelques 10 mm, environ 15-20 et autant de baby corn. Ce dernier entrera rapidement en action en fondant dans l’eau, tout comme les 10mm surboostés. Je complète avec un peu de Duo Mix, ce qui fait un sacré mélange, mais très complémentaire à mon goût. D’habitude je ne mets pas autant de choses sur un seul coup, mais à Patricia, cela a souvent égayé la curiosité du poisson et je ne pense pas que cela soit un frein. Même si je le fais assez rarement.  Je compte sur une entrée assez rapide du poisson sur le coup malgré la saison encore un peu froide, mais le poisson a déjà montré de l’activité.

Je dépose ma ligne eschée d’un baby corn sur mon coup à 9.50m et l’attente commence. Rapidement j’ai des passages dans le fil, le flotteur s’enfonçant lentement sous la surface pour remonter aussi lentement. Le poisson est là en quelques minutes et la première touche est assez rapide. Je ferre efficacement et prend contact avec mon premier poisson de la journée, que j’épuiserai après un combat assez rugueux, l’élastique de 4mm plein moyennement tendu freinant à peine le poisson dans un premier temps.

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Après avoir déboité au kit, je travaille ce dernier en tirant sur l’élastique à la base du kit fighter. Je me répète un peu mais l’avantage d’un kit long muni d’une embase latérale à tirer est vraiment significatif, à savoir que je peux  vraiment utiliser la pleine puissance de la canne.

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C’est non sans un certain plaisir que ce poisson rejoint mon tapis de réception pour une petite séance photo avant de rejoindre son élément.

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Pour la remise à l’eau, j’utilise depuis  un moment déjà un filet de pesée/conservation du poisson à anses rigides flottantes. Cet outil est formidable, vous pouvez amener sereinement le poisson sur le bord de la berge pour le relâcher sans difficulté. C’est également un confort sans égal pour peser les prises. Un investissement minime, environ 30 euros pour quelque chose de déjà solide et confortable, la sécurité de nos prises n’ayant pas de prix.

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Je remets un fond  de coupelle de 4mm sur le coup, directement avant de recommencer à pêcher, et esche une jolie boule de pâte à l’hameçon. J’ai confiance en cette belle journée de pêche qui débute certes un peu tard, mais je dois dire que je deviens assez pépère de ce côté et ne cours plus autant qu’avant pour commencer à pêcher.

La prochaine touche est plus délicate et je ferre dans le vide. Sans doute un peu optimiste sur ma boule de pâte, j’en remets une un peu plus petite, pour ferrer quelques minutes après une jolie petite commune de rempoissonnement. Suivie d’une seconde 30 minutes plus tard.

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A chaque prise, je remets environ 50 à 60ml de pellets sur le coup, je n’en mets pas trop car le poisson est certes en activité mais je n’ai pas envie de le gaver. Souvent à Patricia, il ne faut pas en mettre de trop mais souvent. C’est beaucoup plus efficace.

Je tente une ou deux passes en bordure au pellet dur sur bague, pour laisser reposer mon coup au large, mais il n’y a pas beaucoup d’activité sur ce coup. Quand le poisson entre dans les bordures là-bas, en général on le voit en surface avec des fouilles bien plus visibles qu’au large. Les arbres de la forêt perdant les feuilles à l’automne, le fond en est jonché et les fouilles décollent souvent des particules bien visibles. Dans 70cm d’eau c’est encore plus vrai.

En milieu de journée, les touches se ralentissent, et j’ai un peu plus de mal à piquer du poisson ; Il faut dire que le soleil peine à percer et qu’il fait vraiment frais. J’aurais du prendre une veste de plus et je m’engourdis un peu, quand je pique une belle carpe qui vient rapidement. Patrick me dit que c’est un poisson connu, un peu abimé au niveau de la queue, quasiment absente, et elle vient souvent sans broncher.

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L’après midi avance et les touches sont de plus en plus difficiles à ferrer. J’ai abandonné la pâte, pas assez productive, beaucoup de touches inferrables, au profit du maïs doux qui m’amènera deux poissons.

Je prendrai encore quelques carpes, avant de remballer, content d’avoir pu tirer parti d’une belle journée au bord de l’eau.

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Mes tests en bordure m’ont amené quelques décroches, les carpes étant assez brouillon et se harponnant ou se piquant mal.  Le large a été bien plus productif.

De cette journée je tirerai quelques enseignements, dont j’avais un peu oublié les ficelles depuis le temps que je n’avais pas pêché à Patricia :

  • Ne pas oublier la bordure même s’il n’y a pas beaucoup d’eau, les carpes y sont encore difficiles à prendre mais plus tard en saison je pense que ce problème sera réglé.
  • Peu mais souvent, il faut amorcer avec parcimonie sans s’éparpiller et ne pas oublier de rappeler souvent entre les touches si le poisson est là. Sinon attendre qu’il entre car il tourne pas mal autour du carpodrome et finit toujours par mordre.
  • Toujours des lignes TRES sensibles là bas, en poids notamment, même si le nylon employé est costaud.
  • Elastique assez lâche mais puissant, pour le premier rush. Pas d’encombrement sur la plupart des postes, il faut prendre le temps de travailler son poisson, même si ensuite il faut tirer un peu plus dessus pour l’épuiser.
  • Ne pas oublier qu’un jour tout peut marcher, et le lendemain tout autre chose. C’est un carpodrome technique mais qui donne de bons résultats. 100 kilos sur la journée en saison n’est pas rare si on pêche bien, la moyenne est assez haute.

Voilà, encore une belle journée au bord de l’eau, j’y retournerai avec plaisir car c’est vraiment un terrain de jeu que j’apprécie, pour ces beaux et puissants poissons.

Pour vous rendre au Carpodrome Patricia, vous pouvez appeler Patrick au 0648257623, à des heures convenables bien sur, c'est lui qui gère les modalités de pêche sur son carpodrome, ou le magasin  PECHE LOISIRCOLMAR 73, route de Neuf-Brisach 68000 Colmar .

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