Cela ne réussit pas tous les jours...(30/01/2016)

Je me réjouissais de cette journée de reprise, au bord de l’eau. Cela fait quelques jours que je reporte cette sortie pour des raisons familiales avant tout, mais aussi de météo, car retourner pêcher par -6° n’est plus trop ma tasse de thé. Je dois sans doute me sentir vieillir…

Après quelques sms échangés avec mon ami « Le Lynx », nous avions tous deux décidés de recommencer la saison en ce samedi froid malgré tout mais pas catastrophique. La météo annonçait des bourrasques de vent tout au long de cette journée, et de la pluie en après-midi. Oui…mais l’envie était forte d’aller tremper ses lignes et nous avons quand même décidé de nous rendre au bord d’une petite gravière privée que tous deux nous adorons pour son calme et sa quiétude et que j’avais même présenté comme étant « mon p’tit coin de paradis » . 

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Le Lynx travaillant en déplacement toute la semaine, j’en ai profité pour lui demander de passer dans un magasin de pêche lors de son trajet retour de la capitale, prendre quelques boites de vers de terreau pour pêcher nos chères carpes. Et oui, je ne possède plus d’élevage dans le garage qui sert en même temps de buanderie depuis qu’une pseudo guerre a éclaté  entre votre obligé et son épouse, au sujet de jolis moucherons émanant directement d’un élevage récalcitrant.
Le ver de terreau est une esche fantastique en hiver mais pas seulement. Le poisson blanc étant encore inactif à cette saison dans le plan d’eau envisagé, il est possible de descendre une de ces créatures gagner sa pitance sur le fond gravillonneux de ce plan d’eau aux eaux encore claires, dans l’espoir de courtiser une carpe encore léthargique. Le ver de terreau a également cet avantage qu’une fois piqué il demeure une belle bouchée qui dégage petit à petit un jus peu important mais au combien intéressant pour nos chers cyprinidés. Sa longueur et donc sa surface d’échange avec l’eau a cela d’intéressant que l’on pourra booster le ver avec un liquide sirupeux tenace que je vous présenterai un peu plus bas.

C’est également une esche intéressante en saison sur les pêches de brèmes et autres gros poissons, au feeder. Il me tarde de recommencer un élevage un peu plus hermétique cette fois-ci, à moindre échelle, car j’adore employer le ver de terreau.
Rendez-vous était donc pris en ce début de matinée aux portes de notre plan d’eau, devant la demeure de notre hôte, que nous saluons rapidement avant qu’il ne vaque à ces obligations de retraité, c’est bien connu en retraite, on n’a le temps de rien !

Le matériel est réduit à sa plus simple expression aujourd’hui car j’ai pensé, non sans me tromper, que les carpes seraient difficiles à piquer aujourd’hui, la gravière étant alimentée par un cours d’eau lui-même extrêmement froid, les eaux sont encore très froides et les carpes ne devraient pas du tout être en activité.

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Le choix du plan d’eau pour cette première est un peu kamikaze mais avant tout nous voulions passer le Lynx et moi une journée d’amitié, cela faisait un moment que nous ne nous étions vus, et partager une journée entre amis vaut tous les records du monde.

5° annoncés sur le thermomètre de mon véhicule ne me réjouissent guère, le vent est à son apogée depuis ce matin tôt et a forci avec le lever du jour. Les vagues animent cet étang à n’en plus finir. L’installation se veut rapide, abrité du vent certes mais pas trop car ce dernier a la tendance de pousser la nourriture naturelle dans l’eau. Même si minime soit elle en cette saison, c’est d’autant plus important.

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Mon premier poste est un poste que je pêche habituellement en saison, quand la végétation a poussé, et renferme souvent de jolies carpes communes . Cette gravière étant une gravière « d’essai » qui n’a pas vu poursuivre son exploitation faute de rendement, la profondeur est très humble et ne dépasse pas les deux mètres au plus profond. Ce premier poste présente environ 1.20m , et je vais passer une heure environ sur celui-ci.

Je commence par amorcer prudemment un fond de coupelle de pellets Force1Baits Soft Baits pellets contact 2 mm robin red que j’ai vaporisés hier soir avant de me coucher avec de l’eau, afin de les ramollir et de commencer à les faire travailler. Ce coup de vaporisateur a été donné sans additif, juste pour les rendre un peu plus digestes rapidement et aussi les aider à couler sur le fond plus aisément. Ce pellet sec a la faculté d’absorber ce qu’on lui « donne »,  c’est vraiment intéressant, car son petit diamètre incite le poisson a bien rester sur le coup pour s’en nourrir, sans le gaver. J’adore ce concept de pouvoir moduler son pellet d’amorçage,  sachant quand même qu’une simple préparation à l’eau le rendra efficace instantanément. Je ne vais pas revenir sur ce procédé que j’ai présenté sur un reportage destiné à présenter cette esche, mais je me ravis de le rappeler à chaque fois, tant j’adore ce pellet.

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Donc, un fond de coupelle comportant également une dizaine de grain de maïs, mais aussi une « perle » d’additif  sirupeux « soak liquids » Force 1 Baits Robin Red, pour faire une trace un peu plus persistante sur l’amorçage. J’ai également prévu un peu d’asticots à fronder un peu plus large sur le coup, pour tenter de bouger un peu le poisson.

Je dépose cette coupelle et je pars sur d’autres postes, avec mon petit seau de pellets, juste pour fronder deux trois godets de pellets purs cette fois-ci, histoire d’inciter d’éventuels poissons de passages à rester un peu sur les lieux et m’y retrouver plus tard dans la journée, pour les piquer. Ce plan d’eau est très modeste d’un point de vue cheptel, il contient très peu de carpes, mais elles sont d’une grande qualité. Les communes aux grosses lèvres y sont magnifiques, les poissons très vigoureux, j’adore ce plan d’eau qui donne un challenge à chacune de mes visites.

 

 

 

Dans un premier temps, je jette donc mon dévolu sur le ver de terreau boosté. Pour se faire, je trempe mon ver de terreau dans le Soak Liquids Robin Red de Force 1 Baits. Ce trempage a pour vertu de laisser une matière  assez tenace sur le ver de terreau, qui se délitera en un nuage attractif léger mais très persistant autour de l’esche, rallongeant ainsi son attractivité bien au-delà du délai obtenu avec le jus du ver par lui-même. Ainsi, le booster agit au cœur de l’action, au milieu de l’amorçage, de façon persistante, surtout en hiver quand les eaux sont froides et que les arômes sont lents à e véhiculer dans l’eau. Ce type de booster est très intéressant pour tenter de déclencher les touches et demeure un plus dans l’amorçage et la préparation du coup par lui-même sur le long terme. Si un poisson passe dans le secteur,  ses simples mouvements exalteront ce halo olfactif intéressant pour susciter son appétit.

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L’attente peut commencer et il est difficile de regarder le flotteur immobile pendant cette première heure. Je change de poste et me rend sur un second, moins encombré que le premier, mais  d’une même profondeur. Je réitère mon approche et recommence à attendre. Le jour est bien levé  à présent et les corneilles croassent au dessus de nos têtes. Le ciel est chargé et gris, et le vent est cinglant, nous déchirant les joues et nous extirpant des larmes en nous faisant plier le cou sous sa force. C’est tout sauf des conditions de pêche idéales. Je regarde un peu ce qui se passe du côté de la toile, attendant la touche. En hiver, ce qui est le plus difficile à gérer c’est la tentation d’essayer de faire entrer le poisson en activité, avec un frondage par exemple ou un rappel à la coupelle. C’est parfois vrai sur des plans d’eau surdensitaires, mais sur ce type de gravière, c’est totalement suicidaire.  C’est d’ailleurs pour ceci que je n’ai pas choisi la pâte aujourd’hui, non que je n’y crois pas en hiver, mais plutôt parce que les conditions agitées auraient fait tressauter ma canne sur les supports, rendant la tenue de la pâte très aléatoire. Et si c’est pour recharger trop souvent, on en arrive à déposer une grosse quantité de farine par rapport à la saison, sur le coup. C’est ce que je voulais éviter.

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Rien n’y fait, aucune touche, je bouge sur un troisième et dernier poste, si cela ne veut pas, cela ne sert à rien de s’agiter. Je tente même un passage au maïs boosté, puis à l’asticot mais rien de rien….La pluie d’abord légère fait son entrée pour cette reprise. Je me rends cette fois-ci sur un véritable champ de mine. Les branches encombrent les eaux de façon quasi complète sur tout le poste. Cependant, je sais que si j’y pique un poisson, j’ai beaucoup de chances de l’en sortir, car hormis les grosses branches, il n’y a pas grande chose d’autre dans l’eau. Le côté sauvage est ici maitrisé par le Lynx et ses compères qui nettoient  souvent le bois mort pour éviter les casses à répétition. Rien n’y fera, les carpes semblent avoir le bec cousu, tant pis, j’aurais fait ce que je pouvais pour tenter d’en piquer une. C’est la mort dans l’âme que je remballe, sous la pluie, heureux cependant d’avoir pu pêcher à nouveau après de longues semaines de coupure.

Ce que je retiendrai de cette journée est simple :

  • On ne va pas contre les éléments, il faut suivre les conditions climatiques et la saison pour s’adapter à l’activité des carpes. Une pêche au chevesne en rivière aurait sans doute été plus prolifique, mais là n’était pas le sujet de notre prose aujourd’hui. Nous avons apprécié notre journée entre potos.
  • Le choix des esches est primordial, il faut si l’on ne peut trouver la solution, se garder de faire de trop grosses erreurs pour ne pas sacrifier sa journée, dès la première coupelle trop chargée que l’on aura déposé sur le coup. On peut toujours en rajouter mais ne jamais en enlever….
  • La carpe a aussi le droit de se reposer un peu. Cependant, une canne à anneaux pour aller au plus profond éventuellement chercher une carpe en léthargie aurait été appréciée. Un method avec un soluble aurait pu être la solution pour déclencher UNE touche. Je me l’étais interdit, car je voulais rester sur la grande canne, mais je reviendrai mieux armé traquer mes belles dans mon petit coin de paradis !

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Merci à notre hôte qui se reconnaitra en lisant ce petit moment de prose, et au Lynx pour son amitié !

 

 

 

La journée se terminera de façon ma foi  fort sympathique dans la bibliothèque privée de notre hôte qui tenait à nous présenter de magnifiques ouvrages très peu répandu pour certains, mais qui font sa fierté . Ils ont traversé les époques avec lui, et continueront d’orner son cœur et son esprit jusqu’à rejoindre Saint-Pierre, pour de nouvelles aventures halieutiques palpitantes !

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Date de dernière mise à jour : 31/01/2016

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