L'anglaise en rivière au waggler fixe, par Jibé

Premier article de mon ami Bertrand, alias Jibé sur Pechemaniac, nous gratifie d'un superbe sujet sur l'anglaise en rivière, sur "la berge en face" comme on dit. Jibé nous montre ici toutes les qualités d'une pêche de puriste au waggler, que j'adore. Merci à toi Jibé pour ce premier article de très grande qualité !

 

Bien loin des techniques plus habituelles de pêche à l’anglaise en eaux closes, la pêche à l’anglaise en eaux courantes est une pêche simple à mettre en œuvre et amusante.

 

Si sur divers points elle diffère de la pêche en eaux closes, l’anglaise en rivière l’est à mon avis surtout par le sentiment d’immersion dans la nature qu’elle propose ainsi que par son côté « minimaliste » voire dépouillé.

 

En effet, dès que possible, je préfère pêcher « les pieds dans l’eau »,

pour des raisons de confort de pêche, notamment pour le contrôle de ligne.

 

 

Le matériel :

 

Nul n’est besoin d’acheter de matériel bien spécifique pour pratiquer en rivière, simplement le matériel habituel pour l’étang doit être adapté aux contraintes du lieu et des poissons recherchés.

 

La canne :

pour ma part, il s’agit d’une vieille Browning Bob Nudd club de 3.90

laquelle présente plusieurs particularités qui ma la font préférer à d’autres de mon fourreau :

 

-  d’expérience je sais qu’elle est robuste, notamment grâce à ses anneaux tous bi pattes voire tri pattes pour ceux de départ.

- elle a une action progressive de type semi parabolique, qui autorise des lancers sous le bras (indispensable pour étaler la plombée facilement) tout en gardant une réserve de puissance importante, bien utile si vous devez combattre un barbeau ou un gros chevesne en plein courant.

 

Le moulinet :

 

Bien que disposant de différents moulinets pour l’anglaise, plus récents, d’un ratio supérieur, etc, je reste pourtant fidèle à mon vieux Daïwa Régal-X.

 

Soumis à des contraintes non négligeables, il doit être assez robuste et bien conçu puisqu’il doit pouvoir :

- ramener des poissons moyens contre le courant,

- disposer d’un frein efficace pour qui combat les poissons plus gros « au frein »,

- disposer d’un anti retour facilement débrayable pour éventuellement travailler un gros  poisson « à démouliner »,

      

- voire pour replacer idéalement le pick-up lors du contrôle de ligne,

-  avoir une construction adaptée à votre main pour pouvoir en action de pêche

       

- contrôler facilement la sortie du nylon « au doigt ».

 

Nb :

-   un ratio important n’est pas à mon sens indispensable, il peut même être néfaste car en ramenant vite un moulinet favorise le vrillage du bas de ligne.

-  disposer de bobines supplémentaires pour adapter le nylon aux lieux où l’on pratique.

Le nylon :

également soumis à des contraintes particulières, il doit impérativement flotter pour pouvoir contrôler dérive de la ligne.

J’emploie donc un nylon normalement destiné à la pêche au coup et plutôt raide, autorisant ainsi des ferrages à distance plus efficace : du Mitchell Quartz.

 

Cependant il arrive comme d’être en rupture de nylon et un mono filament « spécial anglaise » classique de même diamètre peut dépanner … à condition de le graisser

avec du Muccilin

 (au rayon « Mouche ») par exemple.

 

Question diamètre, le16/100ème un classique, même si dans les pêches plus fortes, un 18/100 est plus sécurisant …

… et que pour les pêches fines un 14/100, peut-être plus discret (ça reste encore à démontrer).

Les flotteurs :

Oubliez d’emblée tous les flotteurs pré plombés, moins discrets que les non plombés et qui plus est favorisant emmêlages ou autres perruques autour du corps.

Pour le système de fixation sur la ligne, je reste fidèle à la tétine en silicone (que je fabrique éventuellement), tétine bloquée par quelques gros plombs anglais.

 

Quant à l’antenne, je préfère autant que possible m’en passer pour disposer d’un flotteur à la fois porteur, court et solide.

 

Il n’y a guère que dans les pêches décollées ou « à la descente » que j’emploie ce genre de petits flotteurs :

C’est un 3 BB avec antenne rapportée mais toujours en paon.

 

Après « quelques » des essais, j’ai sélectionné 4 types de flotteurs que j’emploie selon les lieux :

 

-  Dans 2/3 des cas c’est des wagglers en plume de paon droite et de fort diamètre (des Kamasan)

       

Flotteurs qui s’adaptent ma fois bien aux diverses situations de courant et de profondeur rencontrées en rivière.

 

- Il m’arrive parfois de remplacer ces wagglers en paon par un Drennan « crytal waggler » ou « giant crystal waggler » pour les eaux très claires, ce qui représente d’ailleurs une tendance actuelle.

 

 

 

-  J’ai également quelques flotteurs en balsa réalisés par mes soins, très porteurs pour pêcher les rapides sans être embêté par des fausses touches intempestives. 

D’ailleurs récemment j’ai repéré des « pellet’s waggler » non plombés qui pourraient répondre à ce cahier des charges.

 

-  Enfin, j’ai bricolé quelques wagglers en bois très peu porteurs et surtout très bon marchés, (voir le sujet dédié).

 

Il s’agit de flotteurs autorisant des montages très peu plombés,

pouvant malgré tout être lancés à 15-18m. Même si ça pêche un peu de façon « bancale »,

c’est très efficace pour les pêches à ras des buissons de la berge en face :

on peut lancer sans crainte « dans » les buissons : le waggler passe toujours devant les plombs !

 

 

C’est bien entendu valable pour les petites rivières sauvages,

mais aussi dans les petits canaux ayant une berge sauvage

ou quand c’est « moins sauvage »

 

pour pêcher les plaquettes décollées à cette même distance

 

 

Les plombs et la plombée :

 

Les plombs anglais classiques SSG / AAA / BBB sont utiles pour bloquer le waggler sur la ligne, tout en permettant de le déplacer fréquemment sans endommager le nylon.

 

Les meilleurs de mon point de vue étaient les « Hastings Soft Shots » : vous savez la boite en plastique transparent très souple, basse et ronde avec un drapeau anglais dessus, ils m’auront quand même duré près de 15 ans !

 

Maintenant j’emploie des « Dinsmore » en alliage non polluant (parait-il) plus pour la boite distributrice très pratique que pour leur centrage (que je trouve « moyen moyen »).

Pour les plombs répartis sous le waggler j’emploie des n°4 et n°6, pouvant être déplacés aisément sur la ligne au besoin et surtout assez profondément fendus pour être centrés sur du 16 ou 18/100.

En la matière j’utilise des plombs Sensas non peints pour la pêche au coup ou comme sur la photo des « Pezon et Michel » .

 

Le schéma général de la plombée est très simple :

 

-          le waggler bloqué par 3 gros plombs BB à SSG selon la portance du waggler, 1 au dessus 2 en dessous,

           

-plombée complétée de chaque côté  par1 n°4 ou 1 n°6, utiles pour éviter que le flotteur ne bouge de façon intempestive, sur les ferrages appuyés principalement.

 

-  Puis un chapelet de plombs n°4 à 6, voire exceptionnellement n°8 en rivière très lente, répartis sous le waggler tous les 25-30 cm.

        

Il arrive néanmoins que j’espace un tout petit peu plus le dernier plomb (40cm)

quand en particulier les gardons deviennent chipoteurs

Les hameçons : 

Là aussi c’est du classique, de type « pêche en rivière » ou « pêche à l’asticot » et j’avoue que je les achète tous montés un peu par gain de temps, beaucoup plus par « flemme » de les monter.

 Vous en trouverez aisément chez Sensas (j’aime bien les 3410 en 40cm) ou chez Rameau

 

 

(les vmc 7003 et 7004 sont très faciles d’emploi) et 20 ou 25 cm me convient bien.

 

Quand c’est plus dur vous en trouverez aussi en pochettes 50-60 cm chez votre détaillant préféré

éventuellement estampillés de sa « marque ».

 

Seul point particulier, la façon de raccorder bas de ligne et corps de ligne : je ne mets pas de micro émerillon pour pouvoir garder une modularité maximale de la plombée.

 

Pour ce faire je réalise donc un nœud dit « de chirurgien » (moi je dis « de godasse sans les boucles »),

nœud simple et très solide, que j’emploie d’ailleurs aussi à la mouche pour constituer mon bas de ligne en nylons dégressifs de taille.

 

 

                                                              La suite ici :2ème partie

 

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