L'anglaise en rivière au waggler fixe, par Jibé 2ème partie

Les frondes :

En fait, j’emploie des frondes du type « Drennan Match Caty » :

disons du genre « Strong » (élastique bleu) quand je pêche de puis à la berge à 18-20m (rarement donc)

et « Soft » (élastique rouge) quand je pêche les pieds dans l’eau

et que je fronde à 10-15m mais nettement aval. 

 

Dernier point sur le matériel : le tablier d’agrainage. 

Bien qu’il soit possible d’employer une tablette

avec des boites fixée sur un piquet,

l’idéal étant quand même de disposer d’un tablier d’agrainage pour avoir sous la main les différentes esches :

asticots à fronder + graines à fronder + éventuellement des asticots triés par couleur, etc.

 tout ça séparé mais à portée de main immédiate.

Se procurer un tel article en France est quasiment impossible, puisque n’existant pas à ma connaissance au catalogue français d’aucune marque.

Vous devrez donc vous en bricoler un : j’ai ainsi pêché 4 ou 5 ans avec le tablier de jardinage que l’on voit sur les photos, tablier acheté 15€ chez Leroy Merlin.

Ou bien en commander un en Angleterre comme je l’ai fait récemment pour un coût de 15 à 20 de £ sterling port compris (chercher « Bait Apron »), celui que j’ai acheté :

c’est un Daïwa, mais Drennan, Browning et d’autres marques doivent bien également en distribuer.

Les esches

 Deux paramètres peuvent guider le choix des esches pour pratiquer à l’agrainage :

-  la pêche que l’on souhaite pratiquer combiné avec le lieu (le courant en particulier)

-   la facilité de se procurer ces esches

 

asticots ou gozzers ?

 

Cette question est intéressante puisqu’elle conditionne la distance de pêche : l’avantage des gozzers c’est qu’il est possible de fronder plus loin qu’avec de simples asticots (plus petits) qui plus est quand il s’agit de gozzers élevés sur de la viande (plus lourds).

 

Pour ma part, je me contente bien souvent d’acheter dans une grande enseigne 4 boites d’1/2 L de gozzers. Jusqu’à récemment, je prenais 3 boites de blancs et 1 de rouge, ce qui me permettait de me constituer « une réserve » pour faire 2 ou 3 parties de pêches.

 

Maintenant, je ne prends plus que des rouges, qui bien que plus petits en moyenne chez mon fournisseur, semblent avoir nettement les faveurs des poissons …

Peut-être une question d’eau claire ou de couleur du fond ?

 

sur ce poste, il y a 1m80 de fond au bord (et des gros chevesnes, des hotus …), quant au milieu de la rivière il y a environ 1m20 (je sais on ne dirait pas …).

En tous les cas, il faut préparer quelque peu les gozzers :

En premier lieu il faut les débarrasser de la sciure dans laquelle ils sont vendus par un coup tamis fin

Ensuite, je les fais passer au travers d’un tamis plus gros plusieurs fois pour éliminer les larves mortes et les casters 

Enfin, il est important de les dégraisser et cela pour plusieurs raisons : 

-    ils coulent plus vite ce qui permet de ne pas pêcher trop bas dans la coulée

-   ils n’ont pas tendance à suer et ensuite à surir ce qui n’est ni pratique d’emploi, ni très agréable.

 

Pour cela on peut employer de la sciure propre, qui sera enlevée avant de les employer : c’est une bonne méthode quand on ne veut pas les utiliser immédiatement. 

La farine de maïs ou le son ont les faveurs de certains, même si je trouve que le petit nuage des gozzers dégraissés à la farine de maïs n’est pas très naturel … 

Enfin, personnellement, j’emploie tout simplement une poignée de décolle-fouillis blanc, qui présente l’avantage à mes yeux d’être très efficace avec peu de produit, mais aussi de rendre les gozzers totalement propres sans la fine couche de farine de maïs. 

Nb : il y a quand même une exception pour moi : quand je pêche une rivière très lente (ou un étang peu profond), je me contente d’ôter la sciure et je m’exempte donc de dégraisser mes gozzers, justement pour qu’ils coulent plus lentement. 

 

Autre esche fréquemment employée pour l’agrainage : le caster 

Je l’emploie finalement peu, non pas parce que ce n’est pas efficace, mais parce que c’est assez difficile à se procurer régulièrement dans le commerce par ici.  

En outre, même si les faire soi-même n’est pas compliqué outre mesure, ça demande quand même d’y être attentif plusieurs jours, ce qui reste une contrainte supplémentaire. 

Il y a quand même quelques cas où le caster s’avère à mon avis supérieur aux gozzers ou à l’asticot :

C’est le cas en rivière rapide où le caster étant plus lourd que l’asticot, il descend plus vite sur le fond.

 

C’est également le cas en rivière lente (et en plan d’eau) quand les poissons mettent un peu de temps à rentrer sur les coups : le caster étant une esche inerte, au contraire des asticots qui rampent sur le fond (et sous les obstacles) avant de se noyer finalement, le caster reste à l’endroit où il a atteint le fond, permettant de mieux fixer les poissons sur une zone réduite.

 

Enfin, pour revenir à la pêche en rivière rapide, il faut parfois fronder plusieurs fois par coulée et jeter ainsi beaucoup d’esches pour tenir les poissons (quand on a un banc de hotus ou de brèmes sur son coup, il faut bien arriver à les nourrir un minimum).

 

Le caster étant de la même densité que le chènevis, il est possible de les mélanger (50-50 ou pour ma part 2/3 chènevis 1/3 casters) et de les fronder ensemble : on peut donc disposer de 3L ou plus d’esches à fronder.

 

Cependant, vu les rivières où je pratique - essentiellement lentes et sauvages - si je sens que les poissons sont vraiment en activité, je me contente de réaliser un appoint avec des graines à mon agrainage de gozzers.

 

En matière de graines à fronder, j’emploie soit du chènevis pur, soit plus volontiers un mélange de chènevis et de blé (Ebly) à parts égales.

N’ayant pas la même densité, c’est moins efficace que « chènevis-casters », mais à condition de fronder les graines quelques mètres plus bas que les asticots, c’est un pis aller très correct.

 

Dernier point sur l’agrainage et les esches : l’amorçage préalable

Aussi bizarre que ça puisse paraître, il arrive en rivière que certains postes soient plus productifs à l’agrainage quand on a formé au départ un tapis d’amorce.

De mon expérience c’est plutôt le cas de grands cours d’eau où les postes et obstacles sont peu marqués, mais il arrive en rivière lente que ça soit le seul moyen d’attirer les poissons hors de leurs tenues habituelles. 

Dans ce cas, je fais dans la simplicité : je me contente de mouiller des granulés à poussins (poulet 1er âge, appelé aussi poussinette),

et de former quelques boulettes à une main

que je jette en aval de moi dans ma coulée 

 

L’action de pêche générale :

 

1-   agrainer

2-   lancer la ligne sous le bras au même endroit que l’agrainage, voire légèrement en aval

3-   laisser dériver la ligne en contrôlant la sortie du fil avec l’index ou le majeur

4-   replacer la ligne éventuellement par un coup de scion sec

5-   si les touches interviennent très en aval, lever progressivement la canne pour décoller la bannière et améliorer ainsi le ferrage à distance.

6-   fermer le pick-up (à la main pour préserver un peu le moulinet) et ramener la ligne

 

Nb :

1-   il faut parfois agrainer plusieurs fois par coulée (2 ou 3 fois), surtout quand le courant est vif et qu’il emporte vite les esches loin en aval,

2-   faire attention à ne pas agrainer trop haut, les poissons montant souvent à l’aplomb de l’agrainage, voire au dessus (les gardons sont des spécialistes pour ça)

3-   si la pêche est rapide, il peut être rentable de lancer la ligne et d’agrainer, mais dès que c’est difficile, il vaut mieux procéder comme décrit pour que l’esches descendent bien dans le nuage d’asticots frondés.

 

 

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