Journal de la 1ère nationale par Mickael Boursaud

 

Mon ami Mickael Boursaud m'a fait l'immense plaisir de nous faire un petit compte rendu de sa "1ère division nationale", qui s'est déroulée il y a quelques jours. Vivre ce championnat de "l'intérieur" m'a paru intéressant à lire.

Merci à toi Mickael de partager avec nous ce récit.

Choix et description des lieux :

 

Il faut savoir que le choix de ce parcours fait suite à une demande formulée par le CD 27 qui remonte déjà à quelques années à peu près à l’époque où s’est déroulé le championnat de France 3ème division où de superbes scores de gardons et hybrides ont été réalisés.

Celle-ci n’a finalement été entendue par la Fédération Française de Pêche Sportive au Coup et son comité directeur que l’an dernier.

La seine, à cet endroit, est large d’environ 200m.

Elle est bordée par une pente bétonnée moyennement douce d’environ 5m de long en bas duquel se trouve un quai très étroit (env.40cm) lui aussi bétonné qui impose, en règle générale, compte tenu du talus et de la hauteur d’eau au niveau du bord, de gros moyens permettant une installation sûre et efficace. (cuissardes ou même wadders,1 corde pour remonter le quai glissant en présence de pluie à cause du peu de marches espacées seulement tous les 30 ou 40 mètres,  des grands pieds de plus d’1m50 et même d’une plateforme si possible)

La seine est à cette époque exceptionnellement basse par manque de pluie cette année et surtout très claire probablement dus aux efforts d’assainissements qui ont été consentis dans le but de rendre la seine beaucoup moins polluée.

 

Règlement du championnat :

 

Afin de pouvoir pratiquer de multiples techniques d’amorçage (à la main et/ou rappel à la coupelle) le choix a été pris d’autoriser une quantité importante d’esches par manche soit 2,5 litres dont 1 litre de fouillis au maximum ainsi que 17 litres d’amorce. Cette quantité d’amorce, compte tenu des lieux et des différentes techniques de pêche possibles, semblait d’ailleurs peut-être un peu faible ce qui renforce le caractère important de la tactique dans ce championnat.

Le choix a été fait, compte tenu de la longueur du quai relativement faible, que les pêcheurs devront être 24 en ligne mais que le classement se fera suivant des sous-secteurs de 8 (avec une grille de tirage au sort de 24 !)

Ceci apportera d’ailleurs une polémique car même si le but, certes louable, était de « régulariser » la pêche en créant de petits secteurs, la grille de tirage au sort apportait de grosse disparité entre les pêcheurs.

Un exemple parmi tant d’autres : certains pêcheurs ne sont jamais tombés dans la huitaine du milieu ce qui signifie surtout qu’ils sont tombés à chaque fois dans une huitaine d’aile tandis que d’autres sont tombés 2 fois au milieu et par voie de conséquence seulement 2 fois dans les extrémités. On est en droit de se demander s’il n’était pas possible de procéder autrement comme par exemple de raccourcir ne serait-ce que d’un mètre chacune des places afin de pouvoir créer des coupures ayant pour conséquence directe d’utiliser une grille de 8 dont les qualités ne sont plus à démontrer.

 

Entraînements :

 

Après le marathon de 5 heures (2 x 2h30 sans changement de place) organisé le week-end précédent le championnat où le moulinet et le fouillis étaient interdits, le constat est éloquent :

les scores seront certes importants puisque constitués presque exclusivement de brèmes de 800 à 1500gr, mais la faible quantité de touches, la grande inertie pour attirer les brèmes sur son coup, la quantité d’esches dont je viens de parler et surtout l’incertitude qui découlent de tous ces paramètres auront une incidence sur le choix tactique lors de ce championnat.

L’exemple de Bruno Chambrin comme beaucoup d’autres lors de ce marathon en est la preuve. Il ne réussira à prendre que 3 brèmes lors de la 1ère partie de ce marathon soit environ 4kg de poissons pour finalement terminer à une brillante 2ème place avec plus de 18 kg. Preuve en est fait que le parcours est poissonneux mais qu’il est difficile d’attirer ces brèmes sur son coup dans le temps imparti.

De multiples raisons peuvent expliquer cela.

Tout d’abord, la clarté et le niveau d’eau très bas de la seine aussi bien à la longueur de canne qu’au niveau des bourriches (seulement 10 à 20cm de profondeur) qui, aux dires des pêcheurs locaux, est tout à fait exceptionnelle. Il y a également le nombre de plus en plus important de pêcheurs au quiver qui a probablement pour conséquence de maintenir les poissons à une grande distance du bord.

A cause de tout cela, les organisateurs seront confrontés à de très nombreuses questions.

Faudra-t-il imposer l’installation des caisses au niveau du quai avec tous les risques que cela comporte en terme d’installation pure, le risque également de ne pas prendre de poissons par manque d’eau sous la 13mètres car toujours dans la pente du fleuve (malgré les 3 à 4m d’eau tout de même!) mais aussi et surtout celui de voir un grand nombre de poissons mourir dans les bourriches par manque d’eau en bordure?

Ce dernier point influencera le choix des organisateurs vers une sage décision.

En accord bien sûr avec les compétiteurs, les responsables ont donc autorisé les installations dans l’eau selon une longueur définie par eux-mêmes soit 2m50 du quai mesuré depuis l’arrière de la caisse permettant ainsi à l’ensemble des pêcheurs d’être tous alignés les uns par rapport aux autres. Le but étant bien sûr de prendre un maximum de poissons mais aussi et surtout d’atteindre une profondeur d’eau beaucoup plus importante notamment au niveau des bourriches.

Malgré tout cela, une question reste en suspend. Est-ce que cela sera suffisant pour prendre des poissons à la canne?

La semaine d’entraînement que je m’accorde, devrait donc normalement me permettre  d’éclaircir ce point.

Cependant la vague de vent que subira tout au long de la semaine le Nord-ouest de la France, ne me permettra finalement pas de prendre la complète mesure du potentiel de pêche au moulinet malgré mes 2 parties de pêche spécifiques à la bolognaise que je qualifierai de plutôt positives.

Finalement l’avenir nous prouvera que ce mauvais temps s’avérera être un avantage sur tous les autres pêcheurs car seuls Didier Delannoy, « ch’tétar » qui était présent lors d’une journée d’entraînement et moi-même avons osé sortir les moulinets durant cette semaine.

 

Description des lieux :

La seine est fréquentée par de nombreuses péniches qui fort heureusement n’ont pas de grosses conséquences. (Si ce n’est pour Christophe Musnier !!!)

Le quai, sur toute sa longueur, est en très légère courbe rentrante dans sa partie centrale. La bordure est extrêmement peu profonde avec 10 à 20 cm d’eau seulement et ce sur 7 ou 8 mètres.

Lors du marathon, il est même arrivé que certains pêcheurs installés contre le quai soient obligés de se lever et marcher sur 2 ou 3 m afin d’atteindre la bourriche plantée au bord de l’eau !

D’où la sage décision d’installer les compétiteurs à une longueur de 2m50 du quai.

A 13 mètres quelque soit la position de l’installation, le fond est toujours en très légère pente. On trouve en moyenne de 3m50 à 5m de fond.

Par contre, à une vingtaine de mètres du bord soit environ 18 mètres de notre installation, nous atteignons le chenal profond d’environ 6 mètres et ce sur toute la longueur du parcours.

Le courant est relativement faible (pour la seine !) mais assez variable car suivant les petites bassinées liées aux nombreuses péniches, il faut entre 3 et 6 gr plat pour bloquer.

Compte tenu de la grande profondeur d’eau, ce n’est pas énorme !!!

 

Le déroulement du championnat :

 

1ère manche : les ailes dominent outrageusement dans les huitaines des extrèmités!!

 

Secteur aval : tous les pêcheurs pêchent à la canne !

Paul-Louis Laffont hérite de l’aile aval et gagne son secteur avec plus de 19kg tandis Gazannoy termine 2ème au n°4 avec à peine 2kg590 et Alain Dewimille 3ème au n°2 avec seulement 2kg350.

Secteur du milieu : Tous optent pour un amorçage à la canne sauf 3 pêcheurs placés les uns à côtés des autres, malgré un léger vent descendant, qui sont moi-même au n°12, Gaspard Castet au n°13 et Didier Delannoy au n°14. Nous prendrons l’option de ne pêcher qu’à la bolognaise à environ une petite vingtaine de mètres du bord en laissant complètement de côté les cannes au coup.

Pour la petite histoire, il faut savoir que ces 3 places étaient réputées pour être très difficiles et de surcroît  très peu pêchées durant de la semaine précédente.

Le classement est sans appel car Didier termine 1er avec 2kg950 en 5 poissons, moi-même 2ème avec 2kg510 pour 4 poissons seulement (2 brèmes et 2 gardons de 100gr) et Gaspard 4ème avec 780gr. Le 3ème de ce secteur est Stéphane Pottelet au n°16 avec 1 brème prise à la canne et quelques petits gardons.

Certains comme Robert Berlioux placé en-dessous de moi (n°11) ont bien tenté de réamorcer à la bolognaise après 1h30 de pêche mais sans réussite. Il terminera 8ème avec seulement 90gr.

Secteur amont : tous pêchent à la canne !

Comme le secteur aval l’extrémité domine puisque Paolo Valoré gagne avec plus de 12kg tandis que Benoît Pellegrino termine 2ème au n°23 avec 2kg090 et François Loyez 3ème au n°19 avec 820gr de petits gardons.

 

2ème manche : Tous ne sont pas encore complètement convaincus de l’intérêt de la bolognaise !

 

Secteur aval : l’aile domine encore mais plus aussi outrageusement puisque Pottelet gagne avec seulement 4kg160. Valoré termine 2ème au n°8 avec 3kg890 (probablement bolognaise ?) et Xavier Ville3ème au n°2 avec 1kg530.

Secteur du milieu : Très certainement influencés par les scores du matin ainsi que par Didier Delannoy qui est retombé dans ce secteur, les bolognaises sont de sortie !

Didier regagne son secteur au n°10 avec 12kg260 et prend une sérieuse option sur la victoire finale tant il paraît être au-dessus du lot ! Sur la place de Didier du matin, Jérôme Chauveau termine 2ème avec 3kg600.

Secteur amont : Tous dans ce secteur optent pour un double amorçage car il ressort de la manche du matin qu’il est possible de s’en sortir partout dans ce secteur en pratiquant une pêche fine de gardons à la canne.

Pour ma part, je prendrai l’option de m’installer à l’endroit même où Philippe Capoulade s’est installé le matin, profitant ainsi de son amorçage à la canne du matin en prévoyant tout de même un ponton en amont de mon ring prêt à être utilisé pour la pêche à la bolognaise (2ème bourriche + 2ème épuisette).

Après un 45 minutes catastrophique puisque déjà 5 pêcheurs avaient  pris au moins 1 brème à la canne, sur les conseils de mes frères et de Jean Desqué, je décide de changer de tactique en pêchant à la bolognaise. La 2ème coulée nous donnera raison avec une brème de + d’un kilo.

C’est après avoir pris 2 ou 3 brèmes, que de nombreux pêcheurs ont décidé de me suivre mais l’écart était fait d’autant plus que je rappelais déjà très régulièrement. Au final, Christophe Jonneau gagne à l’aile avec + de 10kg pris à la canne tandis que je termine encore à une jolie 2ème place.

 

Le classement intermédiaire après 2 manches permet déjà de faire ressortir quelques noms pour le classement final. Les 4 premiers s’avèreront d’ailleurs être les mêmes que le classement final puisque l’on retrouve D.Delannoy avec 2 points, P.Valoré avec 3 pts, moi-même avec 4 pts et S.Pottelet avec 4pts lui aussi.

 

3ème manche : c’est la copie conforme de la 2ème manche. C’est-à-dire que beaucoup optent pour un double amorçage notamment dans le secteur aval où je me trouve.

 

Secteur aval : L’aile domine toujours les débats puisque Loyez gagne avec 12kg860. Je serai cependant le seul, malgré un numéro plutôt favorable (n°2) à prendre l’option de ne pêcher qu’à la bolognaise.

Malgré des poissons qui ont auront tendance à fuir l’aval du secteur en 2ème partie de manche et ce au fur et à mesure que les pêcheurs dans la partie amont partiront  à la bolo, je termine à une 3ème place avec 5kg540 tandis que Pierre-Louis Renault au n°3, après avoir changé de pêche termine à la 2ème place grâce notamment à une jolie carpe de 4kg100 pour un poids total de 8kg970.

Secteur du milieu : Robert Berlioux, après une jolie 2ème manche à la bolognaise (3ème) confirme son retour toujours la bolognaise avec une victoire au n°16 avec + de 10kg. Stéphane Linder termine 2ème avec9kg400.

Secteur amont : Didier Delannoy, encore une fois, éclabousse de sa classe ce championnat en gagnant encore une fois à la bolognaise (19kg) au n°23 avec 6kg d’avance sur le 2ème ( Philippe Capoulade avec 13kg)

 

Classement intermédiaire après 3 manches : Bien évidemment, Didier est toujours en tête et prend même des distances sur ces rivaux dont moi-même 2ème avec 7pts et un groupe de 3 pêcheurs avec 9 pts (Valoré,Loyez et Pottelet)

 

4ème manche : cette fois, la bolognaise a quasiment convaincu tout le monde mis-à-part peut-être 2 ou 3 pêcheurs.

 

Secteur aval : Didier Delannoy au n°5 ne pourra pas faire mieux que 2ème, battu par son voisin Paolo Valoré au n°6 avec 12kg660 et 13kg990. Philippe Capoulade, quant à lui, termine 8ème de cette manche au n°2 avec seulement 290gr et redescend.

Secteur du milieu :

Pierre-Louis Renault termine son championnat en gagnant cette manche tandis que Xavier Ville finit 2ème et gagne le droit de se maintenir (9ème) après une magnifique saison puisqu’il a fait le grand chelem. S.Linder ne pourra pas éviter la dernière place de son secteur ; synonyme de redescente (17ème avec 20 pts à égalité avec Diégo Da Silva mais avec un plus petit poids)

 

Secteur amont : Mis à part David Croccel qui a hérité de l’aile amont et qui pêchera à la canne (6ème avec 8kg700), tous pêcheront à la bolognaise.

J.Chauveau gagne ce secteur au n°23 avec 14kg800. Quant à A.Dupin, qui finit à une brillante 2ème place lors de cette manche, il ne pourra éviter la descente en terminant 18ème avec 21 pts.

Pour ma part, je ne finis que 5ème avec 11kg170 avec un total de 12 pts à égalité avec S.Pottelet (synonyme de podium pour 2kg030 d’avance sur lui)

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