Interview de¨Pierre François DESCHEPPER alias Skippy

 

Voici maintenant un visage qui vous est devenu familier grâce au magazine Déclic Pêche . Il s'agit de Pierre François

DESCHEPPER, un gars que j'adore tout simplement pour ce qu'il est, pour sa gentillesse et son  talent à la pêche.

Skippy est un international belge, il a à maintes fois défendu les couleurs de son pays lors de Championnats

Internationaux, et il se classe souvent parmi les meilleurs des concours de Belgique. Je tenais à rendre hommage à ce

grand pêcheur et ami, en lui posant quelques questions, dont le sens de la pédagogie et la simplicité des réposes sont à

souligner.

 

Merci à Toi Skippy !!!

 

 

1 Commençons par une présentation. Quel âge as-tu ? Quelle profession exerces-tu ? As-tu des facilités horaires dans ton travail pour pêcher ? Et qui t’as donné le surnom de Skippy ?

J’ai 39 ans, j’exerce le métier d’éducateur dans un centre d’hébergement des handicapés mentaux adultes. Même s’il m’arrive de travailler les week-ends, les possibilités d’aménagement des  horaires et de changement existent. Le surnom de Skippy  est une contraction de mon nom de famille. Il me suit depuis longtemps mais je ne sais plus qui me l’a donné !!

 

2 – Quel est ton parcours en compétition ? Quels clubs as-tu fréquenté ?

J’ai commencé la compétition vers l’âge de 25 ans, en intégrant le club du « Gardon Bleu de Soignies », qui comptait dans ses rangs plusieurs membres de l’équipe Belge. Depuis 2008, je fais partie du « DGBF Garboteam », club que nous avons reformé avec quelques amis.

Depuis combien de temps pêches-tu avec l’équipe Belge ?

Je fais parti des « internationaux » depuis 1998. J’ai intégré pour la première fois l’équipe Belge, lors du Championnat d’Europe à Oupeye en 2002.

 

Quel est ton palmarès ? Tes plus belles Victoires ?

Je suis :

-Vice champion du monde par équipe en Finlande en 2005

- Deux fois champions d’Europe par équipe à Oupeye en 2002 et Rieux en 2006

 

 

-Champion de Belgique Interclubs en 1997

-Vice-champion des inters « B » en 2000 et « A » en 2005

-Vainqueur de la « Coupe de la communauté française » en 2008

-Vainqueur en équipe de la Coupe de la « communauté Européenne » en 2008

 

 

 

Etant d’un naturel insatisfait, je pense que le meilleur est à venir. Cela permet de garder la motivation intacte.

 

3 - Peux-tu nous présenter le système de qualification des inters « A » et « B »

Le système belge comprend 2 divisions : A et B (2 fois 18 pêcheurs). Le Championnat se déroule entre avril et octobre, en 3 Week-ends (2 manches de 3 heures le samedi, 2 le dimanche ce qui fait 4 fois 3 heures, 12 manches au total).

Les 18 pêcheurs de chaque division sont répartis en 2 secteurs de  9. Le classement se fait au point-place (1er= 1 point, 2ème = 2points…).

Le pêcheur totalisant le moins de points est donc déclaré vainqueur dans chaque catégorie.

Les 4 derniers « A » descendent en division « B ».

Les 4 premiers « B » montent en division « A ».

Les 6 derniers « B » sont remplacés l’année suivante par 6 pêcheurs désignés suite à 2 journées de « présélection » (qui se déroulent après le championnat, ce qui donne la possibilité de repêchage pour les « B » descendant qui peuvent à nouveau s’aligner sur ces présélections).

La « présélection » est ouverte à tout pêcheur de nationalité belge, âgé de plus de 18 ans et détenteur d’une licence de compétition.

Comment devient-on titulaire de l’équipe Belge et comment fait-on pour le rester ? Doit-on forcément être en Inter A pour pêcher pour la Belgique ?

Les pêcheurs constituant l’équipe belge sont choisis par le « moniteur » parmi les deux catégories (« A » et « B ») en fonction de l’expérience, de la forme du moment. Le résultat du Championnat ne détermine donc pas la composition de l’équipe.

Le fait de rester titulaire dépend donc de la régularité des résultats enregistrés par un pêcheur.

 

4- Quelle est ta pêche ou ta  technique de prédilection ? Comment la pratiques-tu et avec quel matériel ? Esches et amorce ?

Ma technique de prédilection est la pêche technique de beaux poissons  « sur le fond » (gros gardons, brèmes…) en canal. Etant sponsorisé par Garbolino, j’utilise une canne Super G10, particulièrement bien adaptée à ce type de pêche.

 

Le fouillis et le ver de vase sont les appâts incontournables pour ce style de pêche en canal. La coupelle est également un outil indispensable (précision, discrétion…). Cette pêche peut paraître statique, mais elle est pleine de subtilités.

Le montage de ligne classique pour moi est le suivant, que je modifierai en fonction des conditions de pêche

Le flotteur doit être très stable et sensible. Le corps doit être trapu, la quille longue et métallique. L’antenne (longue) est en fibre ou en plastique (ex : Garbo DDS4 -6, Perfect River…). Le poids varie en général selon les conditions entre 0.8 et 2 grammes.

Le Corps de ligne est en général en 10/100 voire  en 12 (Garbo Line pour ma part).

La plombée est constituée d’une olivette, suivie d’une série de 5 plombs de taille identique, en fonction du poids du flotteur (entre numéro 11 et 8). Je n’hésite pas à « râper » un peu mon olivette avec un cutter pour en faire baisser le poids et  arriver à ce nombre de plombs.

Les bas de ligne d’un diamètre compris entre 8 et 10/100ème, mesurent de 15 à 20cm.

Les hameçons sont fins de fer sans pour autant s’ouvrir trop rapidement (Drennan Fine Red, Kamasan B511…)

L’action de pêche consiste le plus souvent à présenter son esche de façon statique (sans pour autant négliger les aguichages) sur une surface réduite (d’où l’importance de la coupelle).

Les touches ne sont pas très nombreuses mais rapportent en général de beaux poissons. Il est important de soigner sa dépose de ligne en prenant garde à ce que l’esche soit en aval du flotteur et en anticipant les changements de courant lorsqu’ il y en a. Enfin, la gestion du fouillis est un élément déterminant dans la réussite de ce type de pêche (le rappel au fouillis collé à la bentonite et au vaporisateur  est souvent utilisé).

 

5- Que penses-tu de la compétition au niveau international ? Son niveau a-t-il augmenté ?

Que penses-tu des pays émergents comme la Hongrie ?

Où en est actuellement l’équipe de Belgique ? Comment  tourne l’équipe ?

Le niveau de la compétition internationale a considérablement augmenté ces dernières années. Même si quelques équipes sortent du lot (Angleterre, Italie), le nombre des nations dites « faibles » diminue d’année en année. Ceci est dû en grande partie à une « professionnalisation »  de la plupart des pêcheurs qui évoluent constamment dans le milieu de la pêche. La composition de ces équipes varie également peu, ce qui permet aux pêcheurs d’acquérir de l’expérience en peu de temps.

Contrairement à ce qui pouvait se passer il y a quelques années, de nouveaux marchés se sont ouverts. L’aspect matériel n’est donc plus un handicap pour les nations dites «émergentes », la Hongrie en est certainement l’exemple le plus significatif.

En toute modestie, je pense que le niveau des pêcheurs belges est élevé. Toutefois, la quasi-totalité des membres de l’équipe a une activité professionnelle autre que la pêche.

Il faut également savoir que le budget dont dispose l’équipe est ridiculement bas comparé à la plupart des autres nations  (les pêcheurs  doivent régulièrement couvrir eux-mêmes une partie des frais inhérents aux différents championnats). Quoiqu’il en soit, cette équipe  est capable, dans la plupart des cas, de jouer les tous premiers rôles !

 

 

Lien vers la deuxième partie

 

 

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