la fabrication des wagglers selon Manni

Mon ami Christophe alias Manni nous a fait l'honneur de nous réaliser un reportage sur la fabrication des wagglers, ces flotteurs  que chacun connait et qui sont un élément important de la réussite d'une partie de pêche à l'anglaise. La réalisation de ces flotteurs demande pas mal de dextérité et de pratique mais ils sont à la portée de tous.

Merci Christophe pour ce super sujet.

Wagglers préplombés- Première partie

 

 

 

On trouve aujourd’hui de très bons wagglers dans le commerce. Je pense en particuliers aux marques Drennan, Kamasan ou Milo.

Les fabricants se sont adaptés aux exigences des pêcheurs et c’est tant mieux.

Il n’en a pas toujours été ainsi.

 

J’ai l’air de radoter, mais il y a 30 ans, lorsque la pêche à l’anglaise est apparue dans notre pays, ces flotteurs n’ existaient que pour une clientèle initiée proche des grands centres urbains.

Paris, Angers…

 

Il fallait se débrouiller, chiner, bricoler.

Une vieille habitude chez moi.

Je vous propose ma recette. Elle en vaut sûrement d’autres. Mais je ne vais pas en changer car elle me permet de fabriquer exactement ce que je veux.

Mes flotteurs ne sont pas jolis. Ils ne méritent pas de figurer dans les catalogues mais ils pêchent, ça je vous l’assure.

 

Ils sont simples. A la portée de tous. De la patience, de la passion. Quelques outils, de la colle, de la peinture.

 

Comme matériau, de la plume de paon et du balsa. J’en ai testé d’autres mais n’ai pas trouvé mieux.

 

Voilà ou on peut se les procurer :

 

Catalogue Bricopêche d’ Ardent Pêche (www.ardent-peche.com)

Vente par correspondance.

10 plumes de 500 mm, diamètre 5 pour 5.95 euros

 

http://www.peche-accessoires.com

Boutique de vente sur le net. On y trouve absolument tout pour bricoler des flotteurs.

5 plumes de 700 mm, diamètre 5 pour 3.30 euros

 

Avec une plume on fabrique deux wagglers.

 

 

Je vais prendre l’exemple de la fabrication d’ un waggler droit pré plombé. C’ est ceux que j’utilise le plus fréquemment.

Ils ont un poids de 2 a 6 grammes et une portance de :

-          5 plombs de 5 et un plomb de 8

-          3 plombs de 5 et un plomb de 8

-          5 plombs de 8 et un plomb de 10

 

Ces choix ne doivent rien au hasard. Vous saurez pourquoi en lisant la suite.

 

Parage de la plume et quillage du flotteur.

 

J’utilise des quilles en acier. Ce sont des morceaux de rayons de bicyclette. Ils font 1.75 mm de diamètre et je sais qu’un tronçon de 5 cm pèse 1 gramme.

Faciles a trouver. A acheter ou à récupérer.

 

 

 

Les plumes doivent être parées. Il reste souvent quelques résidus de barbules. On le ôte en frottant doucement avec une gomme a encre.

La base de la tige est parfois mâchurée car coupée aux ciseaux par le grossiste.

Il faut la recouper de 0.5 cm.

A cet égard, n’essayez pas de couper la plume de paon avec cutter ou lame de rasoir. Vous risqueriez de l’écraser.

L’idéal est d’utiliser un disque de Dremel. Si vous ne possédez pas cet outillage, une lime à ongles fait l’affaire. Il faut la tenir légèrement oblique et tourner autour de la tige en frottant doucement pour entamer l’ « écorce » de la plume.

 

 

 

 

La tige est percée longitudinalement en son centre sur 2 cm. On fait un avant trou avec une petite tige fine a bout mousse. C’est nécessaire pour que la cavité ainsi créée dans la moelle soit parfaitement axiale.

 

 

 

 

 

 

Les tronçons de rayons ( 7 a 10 cm) sont marqués au feutre indélébile a 2 cm. C’est cette partie qui sera collée dans la tige.

 

Collage à l’Araldite.

 

 

La quille est enduite de colle et poussée dans l’orifice. L’excédent de colle sera réparti a la base de la plume ; sur le fond et sur un demi centimètre autour de la base. Pour éviter de s’en mettre partout, on mouille son petit doigt avec de la salive et on étale la colle. C’est important car cette opération renforce la partie du flotteur qui est la plus sollicitée lors des lancers.

 

 

Il n’y a plus qu’à laisser sécher en piquant les quilles dans un bloc de mousse.

 

Wagglers préplombés- Deuxième partie : le lestage

 

 

Les wagglers pré plombés du commerce ont une embase vissante en laiton, assortie de rondelles amovibles. On ôte une rondelle et on rajoute du plomb sur la ligne s’ il faut pêcher plus lourd. Ou l’ inverse naturellement.

Le principe est très bon mais ne s’applique qu’aux flotteurs de grande taille donc nécessairement lourds.

Adeptes des pêches légères, j’ ai transposé ce principe a mes wagglers.

 

Avant toute chose, je veux dire que sur le site http://www.peche-accessoires.com on trouve des embases variées.

 

Pour les adeptes de la simplicité, cette photo montre une embase toute prête déclinée en 5 grammages (1.80, 2.80, 3.70, 4.60 et 5.80 grammes).

Elle coûte 0.80 euros et si on ajoute le coût de la plume de paon (0.33 euros) on a un prix de  revient du waggler de l’ordre de 1.50 euros ( si on ajoute antenne , colle et peinture).

Mais on ne pourra pas y adjoindre de rondelles.

 

 

 

Les embases :

Elles sont en plomb.

Trois méthodes :

-          Une balle percée (le trou sera élargi avec une mèche de 2- Attention le plomb chauffe lors de la rotation et il faut y aller très progressivement sinon on risque de casser le foret). Waggler du centre.

 

 

 

Un moule fait maison (waggler de gauche sur la photo).

C’est une pièce d’alu percée a 5 mm puis repercée a 2 mm. On y met de la graisse avec un coton-tige. On insère une quille et on verse du plomb fondu. La graisse permet un démoulage parfait. On fignole ensuite la pièce a la lime.

 

 

 

Un moule a olives vendu sur le site http://www.almomail-peche.com/

Il est en fonte d’aluminium et permet de couler des olives de 4, 6, 8 et 10 grammes. Coût : 11 euros mais est indestructible.

 

 

 

Chaque olivette est coulée puis recoupée en deux avec une scie a onglet ( une scie a métaux ne convient pas).

On obtient une embase en forme de balle de fusil extrêmement aérodynamique au lancer.

 

Waggler de droite sur la photo.

 

 

rondelles de lestage:

Elles sont également en plomb.

Très simples a fabriquer.

Ce sont des plombs fendus de taille 1 (poids 0.30 g) et de taille 5 (poids 0.15 g) aplatis et percés comme sur les photos . Le perçage est effectué a l’ aide d’une pointe et il n’y a  pas de perte de métal lors de l’opération.

 

 

On aplatit la chevrotine avec un marteau en la maintenant au départ a l’aide de la lame d’un cutter.

 

 

 

On perce

 

 

Une fois dans un sens

 

Puis dans l’autre.

 

Je les range dans des sachets minigrip sur des épingles nourrices.

 

 

Voilà, on a de quoi équilibrer nos plumes.

 

 

 

 

suite du sujet

 

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