Journée folle !! Double record à Matzenheim

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Depuis que je fréquente la gravière de Matzenheim,  mon intérêt à y pêcher grandit chaque jour. A chaque sortie là bas, je sais que je peux à n’importe quel moment piquer un poisson hors norme, la carpe qui fera de moi le plus heureux des pêcheurs du moment, peut être un nouveau record, ou même un poisson qui ne dépassera pas le poids de ceux que j’ai attrapés jusqu’à ce jour, mais qui m‘offrira  un combat inoubliable, intense, à l’issue toujours incertaine. En ce beau matin du Samedi 21 août 2010, je charge le matériel dans mon Touran en espérant ne rien oublier. Au fil de mes sorties « là bas », j’ai adapté ma pêche pour tenter de prendre toujours plus gros. Les pêcheurs locaux n’étant pas avare de conseils, il est vraiment très intéressant de voir que nos techniques ne différent finalement pas beaucoup, mais que de petits détails font évoluer une journée de pêche favorablement.

Il est 7h15 lorsque je prends la route pour une journée assez longue, qui je le sens sera vraiment idéale.

Malgré les déviations pour travaux et un GPS resté à la maison, j’arrive sur les bords de ma gravière favorite une heure plus tard, gonflé à bloc, avec un plan de bataille réglé au ¼ de poil, et une envie d’en découdre des plus grandes.

Aujourd’hui, j’ai pour mission première de tester des esches de la marque DEMON BAITS, car j’ai entendu les meilleures choses sur ces appâts et bien que collaborant avec Sonubaits, je n’ai jamais été un pêcheur borné dans ses choix, seul celui de prendre des poissons n’importe. Aussi, j’ai pris avec mois quelques trucs sympas, tels que des tigers, des maïs géants, mais aussi des pellets Blood Worm de 11mm chers à mon ami Sebnash,  qui m’a fait découvrir cette marque lors de notre reportage Infopêche et de la pâte « Paste Genera8 ».

En arrivant sur la gravière, je constate que de nombreux postes sont déjà occupés mais un poste que j’affectionne particulièrement est disponible. Il me permet de pêcher un peu « en travers » à l’aplomb d’un arbre dont les banches tombantes caressent l’eau, profond d’environ 3m-3.50m, où le fond est en pente mais où j’ai déjà piqué quelques poissons très intéressants.

Je m’installe donc tranquillement, montant mon matos avec le sourire aux lèvres. Il est plus de 8h00, il fait déjà 25° et la journée s’annonce infernale.

Mon premier kit est monté pour pêcher avec des pellets. Il est monté avec un élastique 3.2mm creux VESPE. Le montage boucle que Seb affectionne particulièrement, sur un nylon 0.26mm MAVER Jurassic Sea, un nylon que j’utilise depuis quelques temps lorsque les postes sont assez encombrés, et qui me donne satisfaction totale. Il est solide, très résistant à l’abrasion, et dans un diamètre proche des besoins réels de puissance et de maitrise qui me sont nécessaires pour faire tourner le poisson dans son premier rush, souci majeur de ce type de pêche.

Le flotteur est un Frenzee  FP 200 de 0.5gr, initialement prévu pour la pâte selon ses concepteurs, mais à antenne longue et fine, qui me plait pour le pellet. Un œillet à la base permet d’avoir un système d’attache solide que je double d’un morceau de gaine sur la base de l’antenne.

La plombée est constituée de Stotz, comme toujours, avec un plomb contre la boucle, et le reste de la plombée 20cm au dessus. Cela me donne un montage réactif, qui trainera sur le fond de 3-5cm maxi, et qui réagira immédiatement lorsqu’un poisson passera aux abords et coulera franchement en cas de touche.  Les fausses touches dûes aux passages dans le fil étant nombreuses, j’aime savoir quand le poisson est sur le coup en utilisant ce type de montage réactif, qui révèlera la présence de poissons sur le coup. Ligne terminée par un Wide Gape 10 de Korda, mon hameçon fétiche pour ces pêches.

Ma seconde ligne est une ligne classique pour la pâte, nylon 0.26mm, flotteur Maurizio 0.75gr, à antenne et quille modifiées, plombée massive à 25cm de l’hameçon KORDA Wide Gape taille 10, bannière réduite à 40cm. Mon kit sera doté d’un élastique VESPE de 3.8mm creux sur 3 brins, assez tendu. Les creux sont pour moi ce qui se fait de mieux pour pêcher des beaux poissons. L’idée que certains pêcheurs se font de ce type d’élastique qui sortirait de 20m à chaque fish est totalement erronée est un bon réglage offre une puissance bien supérieure au plus gros des élastiques pleins disponibles sur le marché.

Mon amorçage se fera uniquement à la coupelle aujourd’hui et selon un plan de bataille assez strict. J’ai remarqué au cours de mes pêches à Matzenheim que les poissons se « cognaient » souvent sur le coup, lorsque j’agrainait à la fronde en complément de la coupelle. Cela entrainait des harponnages trop fréquents et peu de poissons sur le tapis de réception. Aujourd’hui, mon approche sera totalement différente. Dans ce type de gravière fréquentée par les carpistes en batterie, les poissons sont souvent bien nourris et habitués à trouver de la nourriture à profusion. Je vais donc pêcher au « fish after fish » comme le fait Seb et de nombreux pêcheurs anglais lorsque c’est difficile : je ne vais amorcer que ce qu’il faut pour prendre un poisson et rechargerait à chaque prise, ou touche, ou laps de temps assez long pour espérer que ce qui est au fond a été en majorité avalé.

Ainsi,  j’espère que le coup se reposera de lui-même sans que je ne « dérange » les poissons avec un agrainage entrainant une bagarre pour les poissons de passage. Je veux que les carpes s’installent tranquillement, même si il ne faut pas espérer 10 poissons sur le coup en même temps, mais pouvoir piquer ceux qui entrent en confiance sur mes pellets.

Je piquerai moins de poissons je pense mais j’aurais toutes les chances de mon côté pour les sortir. Mon amorçage sera constitué d’un mélange de pellets de différentes tailles, avec en majorité des pellets de 9mm, que les petits poissons blancs devraient laisser tranquille, que je déposerai au départ par 2 pleines coupelles de 250ml sur le coup, pour commencer à pêcher et quoiqu’il arrive un rappel prévu et pas forcément suivi selon les conditions d’une coupelle toutes les 1h-1h30 pour garder une activité aux alentours.  Je pense peut être pompeusement également, que je ferai ainsi entrer sur le coup des poissons plus gros qu’avec un amorçage classique avec frondage.

C’est une tactique comme une autre, dont je voulais vous exposer mon point de vue, car je pense qu’il faut réfléchir ensemble à ce type de chose, pour pouvoir tirer le meilleur parti de nos pêches.

Me voilà donc prêt à 8h38 précisément lorsque je dépose deux pleines coupelles de pellets à environ 1.50m des branches à ma droite, qui ne sont pas vraiment un problème car le poisson part 90% du temps au large, mais en fin de combat, il y trouve parfois refuge si l’on ne maintient pas une pression assez forte sur lui. Je commence avec un pellet de 11mm Giant Liqua Pellets arôme Bloodworm.

Ces pellets ont une texture très intéressante car la tenue à l’hameçon est idéale, et ils diffusent leur arôme de façon régulière et assez forte, le « jus » obtenu en les pressant en témoigne. La première heure est pour moi d’un calme olympien, aucune activité sur le coup, rien ne bouge, et il est temps de prendre tranquillement un premier café.

J’aguiche verticalement de temps à autre mais ne bouge pas d’un poil de ma tactique initiale, et c’est ce qui est souvent le plus dur. Mais je suis confiant, je suis installé sur un poste où les carpes sont souvent présentes, et c’est le plus important : un bon choix de poste.

Il est 10h15, 20 minutes après ma première coupelle de rappel , la chaleur est montée petit à petit pour frôler les 30° lorsque mon flotteur fait un premier soubresaut classique, ressortant de l’eau brusquement pour replonger de 2mm, l’antenne s’enfonce lentement, émerge de 3mm uniquement puis file sur la gauche vers le large, lentement…. Le flotteur coule complètement, 1…..2….ferrage….rush !!!! Le poisson part lentement vers le large, mais surement. Souvent les départs lents sont synonymes ici de beau poisson, ce dernier joue avec son poids pour sortir du coup, puis part en fusée et c’est là qu’il faut le contrer. Il me prend 3m d’élastique très lentement, toujours en avançant vers le large. Le flotteur fait un yoyo très lent, puis plonge et le poisson démarre vraiment. L’élastique creux a ici tout son sens et je garde la canne assez haute au dessus de l’eau pour garder un angle suffisant pour ne pas  l’aligner avec le nylon et risquer de démancher mon kit. La pression est suffisante pour que le poisson stoppe son rush une fois les 7-8m d’élastique dehors et il tourne vers la gauche, pour revenir à environ 6m de la berge. Je tire sur le kit, le poisson ne veut rien savoir, il repart au large et j’arrive à la stopper une nouvelle fois avec autorité. Ne nous voilons pas la face, de telles carpes pourraient m’exploser le 26/100 en riant si elles le voulaient, mais il faut toujours une part de chance dans ce type de combat et si ce dernier se présente bien dès le départ il y a de fortes chances de mettre le poisson au sec. Les 10 premières secondes sont les plus importantes et il faut observer le comportement du poisson, là est la réponse et on a tôt fait de savoir si on « tiendra » le poisson ou pas.

J’amène le poisson dans une zone plus dégagée pour le travailler et j’aperçois en déboitant et en remontant le poisson vers la surface une jolie miroir, massive, et rebondie, sous la surface de l’eau. Je soigne mon travail et amène le poisson dans l’épuisette au bout de 20minutes environ.

Première touche, premier fish, c’est rare !!!

 

 

Je la pose délicatement sur le tapis pré-mouillé avec un bac d’eau à portée de main, et le peson m’indique fièrement 13,3 kilos. Un magnifique poisson qui rejoindra ses congénères après la séance photo. La journée commence pas mal du tout, et laisse présager d’autres combats riches en émotions. Je repose une coupelle de pellets, et tente la pâte avec mon autre kit.

 

Mon amorçage va évoluer quelque peu, mais presque pas, en ajoutant à la coupelle de scion qui me sert à déposer ma pâte, une quinzaine de pellets lorsque je changerai ma pâte. Cette dernière a été préparée avec la Paste générate de demon baits, utilisée à 50% , ajoutés à 30% de mix à bouillettes et 20% de farine de pellets. Pourquoi une pâte autre qu’un mélange tout prêt ? Ma tactique d’amorçage est différente de mon habitude et je veux que le coup soit « calme » entre guillemets, pour que le poisson y entre avec confiance. Avec une pâte un peu plus dure, mais qui diffuse quand même pas mal grâce à ce produit Demon Baits à l’arôme Monster Crab très marqué et un effet nuageant très intense, je peux laisser la boulette au fond plus longtemps. Elle  se détachera un peu moins vite que mes pâtes classiques, qui sont très molles. Mais gardons toute proportion, cette pâte reste très souple et tomberait de l’hameçon au moindre soubresaut de la canne lors de la dépose et la coupelle de pâte est indispensable.

J’aime utiliser la pâte, ce n’est plus un secret, aussi parce que l’on peut lire sur le flotteur ce qui se passe en dessous et c’est certes stressant, mais tellement important pour connaitre l’activité du poisson.

Il est à présent 12h35, un bref casse croute avalé, lorsque j’enregistre ma deuxième vraie touche. Le flotteur plonge après quelques pas de danse. Je ferre, l’élastique sort à une vitesse de fou vers le large. Je ne tiendrai le poisson que 10 secondes avant que l’élastique ne revienne aussi vite dans l’autre sens, l’hameçon me ramenant une écaille énorme. C’est le jeu ma pauvre lucette !

Je suis rejoint par mon ami la grenouille qui vient admirer avec moi cette nature sympa.

 Toujours en gardant mon approche initiale d’amorçage, je continue avec confiance, même si les touches sont peu nombreuses.  Je décroche encore deux autres poissons, mais je reste serein. C’est une chose qu’il faut accepter dans de tels plans d’eau et perdre un poisson est synonyme non d’échec mais qu’il y en a sur le coup et peut être en prendre un autre !

 

14h50, je suis toujours à la pâte. Je suis toujours à 1.50m environ des branches, j’ai toujours amorcé comme je l’avais annoncé….Le flotteur plonge cette fois directement. Je ferre, l’élastique se tend…..logique ! Commence un combat que je qualifierai comme étant un beau poisson : départ lent mais massif, puis rush.  Mais le poisson ne part pas comme un dératé et reste maximum à une quinzaine de mètres du bord. Tantôt  à droite, tantôt à gauche, il se promène  comme si de rien n’était.  Je l’aperçois au loin lorsqu’il remonte, c’est encore une miroir. Massive, splendide ! Pas très longue, mais tenace ! Chaque fois que je pense que le poisson va enfin aller à l’épuisette, il repart lentement, sans se presser mais impossible pour moi de la glisser en force, c’est trop hard ! Une vingtaine de minutes de ce manège plus tard, le fish est « in the filoche ». Un poisson magnifique, plein de nerfs. En prenant la tête d’épuisette dans les mains, mmmh….j’ai un choc : c’est lourd ! pas un monstre mais un beau poisson que je dépose délicatement sur le tapis. Le peson annonce……15400 ! Oui, 200gr de plus que mon précédent record. Ce n’est pas ce que je qualifierai d’exploser un record, mais c’est sympa. Une miroir de 15400 aujourd’hui, une commune de 15200 il y a 9 jours, c’est une belle période !!!

Retour à l’eau après une séance photo mouvementées où un coup de queue de la belle aspergera mon appareil, y posant des gouttes que je n’avais pas vu et qui gâcheront un peu cette séance, mais tant pis, le poisson n’est pas à notre disposition, et je la relâcherai rapidement, surtout sous ce soleil battant.

Et bien mes aïeux, quel début de journée !!! 2 fishs au-delà des 13 kilos, que demander de plus ? Je prends une pause, le temps de m’en griller une et je repêche de suite, avec une sérénité qui m’a gagné à présent.

Je décide de ne pas réamorcer de suite, car j’ai posé une coupelle 1/2h plus tôt, quelques minutes avant ce combat. Ma boule de pâte se pose au fond, et le flotteur ressaute immédiatement…déjà ?

Puis il replonge, j’attends un peu et ferre….pendu !!! Décidément !! Le poisson a une défense surprenante. L’élastique ne sort pas, ou peu, puis en rush de 4m, pour revenir aussi vite. Je pense à mon pote Neness qui fréquente également le troquet, comme moi, qui se serait pris la queue dans la braguette…..euh…le  fil !!! Mais non, on dirait une carpe.

 

Combat atypique, je dépose avec l’aide de mon voisin une épuisette à carpe sur le bord et recule, car les rushs sont surprenants et je ne veux pas perdre le fish en déboitant. Canne basse, je recule pas à pas et j’arrive à voir la cause de mon tourment : un amour blanc !!! Je n’en ai encore pas pris à la grande canne et c’est une première !!

Je ne déboite pas, préférant reculer. Les rushs de ce poisson sont formidables, à chaque fois qu’il approche trop près de la surface ou de l’épuisette, il prend 5 m en une fraction de seconde. Je tire un peu plus et arrive à la glisser dans l’épuisette au bout de 10 minutes, le combat a été rapide et pas forcément difficile, mais seul, j’aurais eu du mal, faute de manche assez long.

Un magnifique amour, le plus gros de la gravière selon ami qui accuse 16.2 kilos au peson. Un poisson magnifique qui fait de moi un pêcheur heureux.

 

 

 

Il est 16h00, pour moi la journée est faite !! Je finirai la journée avec une autre carpe prise à la pâte, avec un combat âpre où j’ai du batailler pour prendre cette miroir de …..14 kilos !!!

 

 

 

Je casserai dans les branches à droite une carpe commune de 9-10 kilos environ, et perdrait un autre poisson vraisemblablement harponné.

Une journée de fou, où mon approche en matière d’amorçage a été efficace à 100%, me donnant 4 poissons tous au-delà des 13 kilos. L’approche est importante, que cela soit en matière de choix de poste, d’amorçage et rappel, de matériel qui doit être adapté aux conditions. Rester confiant quoiqu’il arrive, que cela fonctionne ou non !!!!

 

 

 

 

<SONUBAITS